L’accompagnement spirituel des personnes atteintes de cancer en fin de vie doit reposer sur l’amour, l’écoute et le respect de la liberté du malade, sans culpabilisation ni opposition aux soins médicaux. C’est le message défendu par l’apôtre Marcello J. Tunasi, visionnaire des Églises Compassion et du CREFM, lors de la conférence « Combat quotidien », organisée par Chaz-Lune Medical Center ASBL le samedi 17 octobre 2026 au Golden Tulip, à Kinshasa, dans le cadre d’Octobre Rose.
Dans son intervention consacrée à l’accompagnement spirituel en fin de vie, le prédicateur a évoqué les interrogations, les peurs et les bouleversements émotionnels auxquels sont confrontées les personnes atteintes de cancer. Il a présenté plusieurs pistes d’accompagnement destinées aux familles, aux chrétiens et aux responsables religieux, tout en insistant sur la complémentarité entre la foi et la médecine.
Accompagner sans culpabiliser le malade
Pour l’apôtre Marcello Tunasi, la maladie ne doit jamais devenir un motif de condamnation spirituelle. Il a dénoncé certaines paroles qui attribuent le cancer à un manque de foi, à des péchés ou à des liens familiaux, estimant que ces accusations peuvent alourdir la souffrance psychologique du patient.
L’annonce d’une maladie grave peut susciter de nombreuses interrogations, notamment sur les raisons de cette épreuve, la mort et l’au-delà. À cela s’ajoutent parfois la colère, le découragement, la perte de confiance en soi ou le sentiment d’injustice.

Face à ces réactions, le prédicateur a insisté sur la nécessité de faire preuve de patience et d’amour, même lorsque le malade devient difficile à accompagner.
« Cet accompagnement doit être fait avec douceur, avec écoute et respect pour la liberté du malade. Avec amour, patience et sans culpabilisation », a-t-il déclaré.
Il a également rappelé que les proches ne doivent pas imposer leurs interprétations religieuses à une personne fragilisée, mais lui offrir une présence rassurante et un soutien adapté à ses besoins.
Concilier la prière et les soins médicaux
Le responsable religieux a défendu une approche dans laquelle la foi ne se substitue pas à la médecine. Selon lui, prier pour une guérison et consulter des professionnels de santé sont deux démarches compatibles.
« Les miracles de guérison ne s’opposent pas au fait d’aller voir un médecin, prendre des produits ne t’empêche pas de prier et prier ne t’empêche pas de croire en la médecine, car c’est Dieu qui a donné l’intelligence aux médecins », a-t-il affirmé.
Pour illustrer son propos, il a partagé des expériences personnelles de personnes atteintes de cancer qu’il a accompagnées dans la prière, certaines ayant connu une amélioration de leur état, tandis que d’autres sont décédées.
S’appuyant sur des passages bibliques, notamment les récits du brigand crucifié aux côtés de Jésus et du serviteur du centenier, il a rappelé que, dans sa compréhension de la foi chrétienne, la guérison physique n’est pas systématiquement l’issue de la maladie.
Il a ainsi invité les chrétiens à prier pour les malades sans leur faire de promesses de guérison ni leur faire porter la responsabilité de l’évolution de leur état de santé.
Préparer la fin de vie dans la paix et la dignité
Lorsque la guérison ne survient pas, l’apôtre Marcello Tunasi estime que l’accompagnement spirituel doit aider le patient à se préparer à la fin de vie, sans négliger ses besoins émotionnels et relationnels.
Il a notamment évoqué la nécessité, pour le malade qui le souhaite, de faire la paix avec Dieu, de se réconcilier avec ses proches et de se libérer de la culpabilité. Il a également insisté sur le pardon, la transmission des dernières volontés et la clarification des responsabilités familiales.
« Il ne faut pas mourir en colère, il ne faut pas mourir avec une rancune, il ne faut pas mourir dans la haine », a-t-il déclaré, encourageant les familles à favoriser le dialogue et la réconciliation.

Le prédicateur a aussi invité les personnes en fin de vie à poursuivre, dans la mesure de leurs capacités, les projets qui leur tiennent à cœur, qu’il s’agisse d’écrire, de transmettre des conseils ou de régler certaines affaires personnelles.
À travers les références bibliques à Jésus sur la croix et aux dernières paroles du patriarche Jacob, il a présenté cette préparation comme une manière de transmettre ce qui compte et de partir en ayant clarifié l’essentiel.
Il a enfin souligné l’importance de la foi en la résurrection et en la vie éternelle pour les croyants confrontés à la peur de la mort.
Une opposition à l’euthanasie fondée sur ses convictions religieuses
Abordant la question de l’euthanasie, l’apôtre Marcello Tunasi s’y est opposé en s’appuyant sur ses convictions chrétiennes et sur son interprétation des commandements bibliques.
« Pour ma part, étant un chrétien, la Bible dit : tu ne tueras pas », a-t-il déclaré, considérant l’euthanasie comme contraire au respect de la vie humaine.
Il a appelé les médecins et les familles à prendre au sérieux la souffrance des personnes en fin de vie, tout en refusant de considérer l’euthanasie comme une réponse acceptable à cette souffrance. Cette position relève de sa lecture religieuse de la question.
Son intervention a également mis en avant la responsabilité des chrétiens dans l’accompagnement des malades, rappelant que ce soutien ne concerne pas uniquement les pasteurs, mais aussi les frères, les sœurs et les proches des personnes touchées.
Un appel à la mobilisation et à la solidarité
Au terme de son intervention, le visionnaire des Églises Compassion et du CREFM a encouragé une plus grande sensibilisation au cancer au sein des communautés religieuses.
Il a indiqué avoir relayé sa participation sur ses réseaux sociaux et vouloir contribuer à une diffusion plus large des informations sur la maladie auprès des fidèles.
Lors de la levée de fonds organisée dans le cadre de l’événement, il a également appelé les participants à contribuer financièrement aux initiatives de lutte contre le cancer, en invitant notamment ceux qui en ont les moyens à s’engager.
Pour l’apôtre Marcello Tunasi, l’accompagnement spirituel doit ainsi se traduire par l’écoute, la prière avec les malades, le respect de leurs choix, le soutien de leurs proches et participer à la solidarité autour des personnes confrontées à la maladie.
Lydia Mangala


