Pour Prisca Manyala, l’accès des femmes aux espaces de décision ne dépend pas uniquement des portes à ouvrir. Il repose également sur la préparation, la visibilité et la capacité à transformer les opportunités en résultats.
Lors de la rencontre de Génération 50-50, le mercredi 26 août 2026 à Silikin Village, la femme politique et fondatrice de Renforth RDC a partagé son expérience avec les jeunes femmes présentes, en les invitant à prendre leur parcours au sérieux et à construire progressivement leur place dans les espaces de responsabilité.
Avec comme thème : « Qui décide de la RDC de demain », son premier constat est que rien n’est acquis, mais rien n’est impossible.
« Rien n’est jamais facile. Mais tout reste possible », a-t-elle affirmé.
Pour elle, le leadership commence par l’apprentissage. Les jeunes femmes doivent d’abord développer leurs compétences, s’engager dans différents espaces et accepter d’apprendre auprès de personnes plus expérimentées.
Son propre parcours, explique-t-elle, a notamment commencé dans le mouvement associatif et estudiantin. Ces expériences lui ont permis de renforcer sa capacité à prendre la parole, à dialoguer avec des personnalités différentes et surtout à apprendre au contact de personnes disposant d’une plus grande expérience.
Faire connaître ses compétences devient aussi une force
Pour Prisca Manyala, disposer d’une compétence ne suffit cependant pas. Encore faut-il savoir la faire connaître.
« Que vous sachiez faire une chose, c’est bien, mais si personne ne sait que vous savez le faire, ça ne sert à rien. Il faut en parler », a-t-elle conseillé.

Elle encourage ainsi les jeunes femmes à assumer davantage leurs compétences, leurs projets et leurs ambitions, sans craindre de parler de ce qu’elles savent faire.
Son intervention a surtout insisté sur l’importance du réseautage.

« Faites de vrais réseautages », a-t-elle lancé.
Pour elle, une rencontre ne devrait pas se limiter à une photo, un selfie ou à un simple « salut, comment tu vas ? ». Les échanges doivent pouvoir déboucher sur de véritables relations professionnelles et humaines.
Il s’agit donc d’apprendre à connaître les personnes rencontrées, leurs domaines d’activité, leurs compétences, leurs besoins et les opportunités qu’elles peuvent partager.
Le réseautage doit produire des opportunités concrètes
Prisca Manyala défend ainsi une conception du networking qui va au-delà de l’accumulation de contacts. Le véritable réseau se construit dans la durée, à travers la confiance, les échanges et la capacité à créer des connexions utiles.
Elle l’a illustré à travers une expérience personnelle au cours de laquelle elle a notamment contribué à mettre en relation un entrepreneur congolais avec un investisseur.

À travers ce témoignage, elle rappelle que le réseau ne doit pas seulement servir à se faire connaître. Il peut aussi permettre de rapprocher les compétences, de créer des collaborations et de faire circuler les opportunités.
Elle a appelé les femmes à se former, oser se montrer, créer des liens solides et savoir les transformer en opportunités.
Pour Prisca Manyala, construire son réseau aujourd’hui, c’est aussi se donner les moyens de peser davantage demain dans les espaces où se prennent les décisions.
Ben Mandjolo


