La ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a salué la décision du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, d’engager un Dialogue national, estimant que cette initiative constitue un acte de « clairvoyance et de courage » face aux défis auxquels la République démocratique du Congo est confrontée.
Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, la cheffe de la diplomatie congolaise a insisté sur la nécessité pour le pays de ne pas limiter sa réponse à la guerre à la seule défense du territoire national.
« Je salue avec respect et conviction la décision du Président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo d’engager le Dialogue national. J’y vois un choix de clairvoyance et de courage », a déclaré Thérèse Kayikwamba Wagner.
Pour la ministre, la recherche d’une paix durable passe également par le renforcement de la cohésion interne et de la confiance entre les Congolais.
« Je suis convaincue que nous ne surmonterons pas durablement la guerre en défendant seulement notre territoire : nous devons aussi consolider notre unité, nos institutions et la confiance qui tient une Nation debout », a-t-elle souligné.
Washington, Doha et le Dialogue national
Thérèse Kayikwamba Wagner s’est également attardée sur ce qu’elle considère comme la complémentarité entre les différentes initiatives engagées pour répondre à la crise sécuritaire et politique.
Selon elle, les processus de Washington et de Doha répondent aux dimensions extérieure et sécuritaire du conflit, tandis que le Dialogue national doit permettre aux Congolais d’aborder les questions internes qui relèvent directement de leur responsabilité.
« Ce que je trouve particulièrement juste dans sa vision, c’est l’articulation entre Washington, Doha et ce Dialogue souverain. Les premiers traitent les dimensions extérieure et sécuritaire du conflit ; le Dialogue nous permet d’accomplir le travail que personne ne peut faire à notre place », a affirmé la ministre.
Elle a, dans ce sens, apporté son soutien à une démarche inclusive et respectueuse de l’ordre institutionnel du pays. La ministre plaide notamment pour un processus qui parte des provinces, favorise la libre expression et préserve les acquis démocratiques.
« Je soutiens une méthode qui part des provinces, ouvre la parole, respecte le suffrage et les mandats constitutionnels, refuse toute légitimité acquise par les armes et soumet les engagements au regard du public », a-t-elle insisté.
« Le courage politique, c’est d’entrer dans le débat »
Pour Thérèse Kayikwamba Wagner, l’intérêt d’un véritable dialogue réside aussi dans sa capacité à permettre l’expression de divergences et l’examen collectif des questions difficiles, sans que ses conclusions soient déterminées à l’avance.
« Je suis fière de vivre dans un pays qui ose ouvrir une discussion sans savoir à l’avance où elle nous conduira, ni exiger qu’elle confirme nos certitudes », a-t-elle déclaré.
La ministre des Affaires étrangères estime que la construction d’un avenir commun exige la capacité de regarder les réalités difficiles en face et de rechercher collectivement des solutions.
« Je crois que c’est ainsi que l’on construit pour l’avenir : en regardant les vérités difficiles en face et en les travaillant ensemble », a-t-elle ajouté.
Dans une conclusion aux accents particulièrement politiques, Thérèse Kayikwamba Wagner a défini sa vision du courage en démocratie : « Pour moi, le courage politique n’est pas de refuser le débat lorsque l’on n’en maîtrise pas l’issue. C’est d’y entrer. »
À travers cette prise de position, la ministre apporte ainsi son soutien à l’initiative présidentielle et appelle à faire du Dialogue national un cadre de réflexion collective susceptible de renforcer l’unité nationale, les institutions et la cohésion du pays.
Joséphine Mawete


