La quête de la paix dans l’Est de la République démocratique du Congo ne saurait se faire au détriment de la souveraineté nationale ni de la justice pour les victimes. C’est le message qu’a porté le Président Félix Tshisekedi dans son adresse à la Nation du 30 juin 2026, à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance du pays, en revenant sur les différentes initiatives diplomatiques engagées ces derniers mois pour mettre fin au conflit dans la région des Grands Lacs.
Le Chef de l’État a rappelé que les avancées enregistrées ces derniers mois à travers les accords de Washington, les discussions de Doha et les engagements de Montreux ont permis de replacer la crise congolaise au cœur des priorités régionales et internationales.
« Ces démarches avaient ouvert une espérance et replacé la tragédie congolaise au cœur des agendas régionaux et internationaux. Elles ont surtout consacré une vérité essentielle : aucune paix durable dans la région des Grands Lacs ne peut se bâtir contre la souveraineté de la République démocratique du Congo ni au détriment de la dignité de son peuple », a-t-il déclaré.
Félix Tshisekedi a insisté sur le fait que le recours à la diplomatie constitue un choix assumé par la RDC, non pas par faiblesse, mais par responsabilité et dans le souci de mettre fin aux souffrances des populations affectées par les conflits.
« Le choix de la diplomatie n’a jamais été un signe de faiblesse, il fut le choix de la responsabilité, de la maîtrise et de la recherche, par tous les moyens légitimes, de la fin des souffrances imposées à nos populations », a-t-il affirmé.
Le Président a néanmoins souligné que les différents processus en cours n’auront de valeur que s’ils débouchent sur des résultats tangibles, notamment la fin des hostilités, le retrait des forces étrangères non invitées, le désarmement des groupes armés, le retour des déplacés et la restauration de l’autorité de l’État dans les zones affectées.
« Les accords de Washington, les discussions de Doha et les engagements de Montreux n’ont de sens que s’ils produisent des résultats concrets, vérifiables et irréversibles : le silence des armes, la fin de tout soutien aux groupes armés, le retrait effectif des forces étrangères non invitées, le désarmement des combattants, le retour digne et sécurisé des déplacés et des réfugiés, la protection des civils, la restauration de l’autorité de l’État, la justice pour les victimes et des garanties crédibles de non-répétition », a-t-il expliqué.
Réaffirmant l’engagement de la RDC en faveur d’un règlement pacifique des conflits, Félix Tshisekedi a toutefois fixé les limites de cette ouverture au dialogue.
« La République démocratique du Congo reste engagée en faveur de la paix. Elle respecte sa parole, honore ses engagements et demeure ouverte au dialogue lorsqu’il est sincère, équilibré et conforme aux intérêts fondamentaux de la nation », a-t-il déclaré.
Le Chef de l’État a ensuite martelé l’une des idées fortes de son allocution, en affirmant que la paix ne saurait être obtenue au détriment de la justice ou de la souveraineté nationale.
« La paix ne peut être ni une mise entre parenthèses de la vérité, ni une récompense accordée à ceux qui prennent les armes contre la République, encore moins un compromis sur notre souveraineté, notre justice ou notre intégrité territoriale », a-t-il insisté.
Pour Félix Tshisekedi, la paix recherchée par la RDC doit avant tout garantir le respect des frontières, la sanction des crimes commis et la valorisation des ressources naturelles au profit du développement national.
« La paix que nous recherchons est une paix juste, une paix qui respecte les frontières, restaure l’autorité de l’État, sanctionne les crimes et transforme nos ressources naturelles en instruments de développement et non en carburant de guerre. C’est cette paix-là que nous voulons, cette paix-là que nous défendrons », a-t-il affirmé.
Le Président de la République a également remercié les partenaires internationaux qui accompagnent les efforts de paix, notamment les États-Unis, le Qatar, l’Union africaine, l’Union européenne, les Nations unies, la SADC, l’EAC, la CIRGL ainsi que plusieurs pays amis de la RDC.
En conclusion, Félix Tshisekedi a réitéré son ambition de repositionner la République démocratique du Congo sur la scène internationale comme un acteur majeur de la stabilité régionale et du développement continental.
« La République démocratique du Congo ne sera plus réduite à l’image d’un pays que l’on convoite, que l’on pille ou que l’on déstabilise. J’en ai fait le serment devant la nation », a-t-il conclu.
Le Chef de l’Etat estime que le regard porté sur le pays est progressivement en train de changer grâce aux efforts engagés en faveur de la paix, de la croissance et de la prospérité partagée.
Lydia Mangala


