La solidarité nationale doit désormais dépasser les réponses ponctuelles aux crises humanitaires. C’est le message porté par la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, lors du lancement officiel de la Campagne de solidarité nationale permanente par le président Félix-Antoine Tshisekedi, jeudi 27 juillet au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC).
Prenant la parole devant le Chef de l’État, des membres du gouvernement et plusieurs personnalités, Ève Bazaiba a présenté cette campagne comme une nouvelle approche de l’action humanitaire en République démocratique du Congo. L’objectif, selon elle, est de passer d’une gestion ponctuelle des urgences à un mécanisme permanent, structuré et capable de mobiliser durablement les ressources nationales en faveur des populations vulnérables.
Pour la ministre d’État, le lancement de cette campagne intervient dans un contexte où les besoins humanitaires ne cessent de s’accroître. Déplacés internes, victimes des conflits armés, catastrophes naturelles, crises sanitaires et autres situations de vulnérabilité nécessitent, selon elle, une réponse collective et organisée.
Ève Bazaiba estime ainsi que cette initiative doit marquer une rupture avec « l’individualisme » qui tend à s’installer dans la société congolaise. Le gouvernement entend désormais instaurer un dispositif proactif permettant d’anticiper et de mieux répondre aux différentes urgences sociales et humanitaires.
« L’objectif fondamental de cette campagne de solidarité nationale, qui revêt désormais un caractère permanent, s’inscrit dans une dynamique de rupture, rupture totale avec l’individualisme qui a tendance à s’installer dans le mental des Congolaises et des Congolais », a-t-elle déclaré.
Chaque Congolais, quelle que soit sa situation, est appelé à participer à l’effort national. La ministre a notamment cité les opérateurs économiques, fonctionnaires, artisans, citoyens ordinaires ainsi que les membres de la diaspora parmi les acteurs attendus dans cette mobilisation.
La campagne ne repose pas uniquement sur un appel à la générosité. Ève Bazaiba a également détaillé les mécanismes prévus pour organiser la réception, la gestion et la distribution des contributions.
Pour les dons en espèces, la gestion financière et le traçage des contributions seront assurés par la Caisse nationale de solidarité et de gestion humanitaire des catastrophes, présentée comme un établissement public de l’État.
Pour les dons en nature, un Centre de collecte des dons est désormais opérationnel sous la responsabilité de la Direction générale de la Solidarité nationale. Il aura notamment pour mission d’assurer la réception, le tri, le stockage et la distribution des biens collectés.
La ministre a également annoncé la mise en place d’un Comité de pilotage national, chargé de l’orientation stratégique et de la supervision opérationnelle de la campagne. Celui-ci regroupe différentes structures, avec notamment la participation de l’équipe humanitaire pays.
Face aux interrogations que peut susciter la gestion des contributions, le ministère dit vouloir miser sur la transparence et la redevabilité. Ève Bazaiba a assuré que des mécanismes de contrôle, de publication régulière des rapports financiers et d’audits indépendants sont prévus afin de garantir la crédibilité de l’opération.
Cette architecture vise à rassurer les donateurs sur la destination de leurs contributions et à permettre un suivi du processus, de la collecte jusqu’à l’assistance aux bénéficiaires.
La ministre a par ailleurs annoncé que des certificats de mérite citoyen seront délivrés aux personnes physiques et morales qui se distingueront par leur générosité envers la Patrie.
Ève Bazaiba veut donner à cette campagne une dimension profondément sociale et citoyenne. Elle l’inscrit autour d’une trilogie comprenant le sourire, le réconfort et l’espoir.
« À travers la campagne de solidarité nationale, le Gouvernement donne l’opportunité à chacune et à chacun de nous de contribuer à ce mécanisme, tout en revitalisant notre culture de solidarité et d’unité nationale », a-t-elle expliqué.
Selon la ministre, l’ambition est que ces trois objectifs deviennent accessibles à tous les Congolais en situation de vulnérabilité et ne soient plus dépendants d’interventions occasionnelles.
« Il s’agit de redonner le sourire, apporter le réconfort et faire renaître l’espoir d’un lendemain meilleur dans le cœur de chaque Congolais qui se trouve dans une situation de vulnérabilité », a-t-elle ajouté.
Dans son appel final, Ève Bazaiba a résumé l’esprit de la campagne en une formule destinée à mobiliser toutes les composantes de la société.
« Chaque geste compte, chaque don sauve une vie », a-t-elle lancé.
La Campagne de solidarité nationale, lancée à Kinshasa, est appelée à se poursuivre dans les provinces. Le gouvernement veut ainsi transformer l’entraide en un mécanisme durable de réponse aux crises et faire de la solidarité un véritable réflexe citoyen face aux détresses qui touchent les Congolais.
Lydia Mangala


