Les Aigles du Congo préparent activement leur entrée en Ligue des champions de la CAF, mais le choix de leur stade à domicile révèle une profonde tension au sein du football congolais. Alors que l’homologation des infrastructures de Kinshasa demeure incertaine, le président des Samouraïs, Vidiye Tshimanga, a clairement affiché sa position : son équipe ne disputera pas ses rencontres au stade TP Mazembe de Kamalondo, pourtant seule enceinte congolaise actuellement homologuée par les instances continentales.
Invité ce dimanche 26 juillet sur les ondes de Shalom Radio, dans l’émission Sport et Détente, Vidiye Tshimanga a exposé les priorités de son club. L’objectif principal reste l’homologation du Stade des Martyrs afin de permettre aux Aigles du Congo d’évoluer devant leur public kinois. Toutefois, en cas d’impossibilité, le dirigeant privilégie déjà le stade Frédéric Kibasa-Maliba de Lubumbashi comme solution alternative.
Ce choix de ne pas jouer à Kamalondo ne serait pas lié aux conditions d’accueil ou aux infrastructures, mais plutôt au climat de tension qui oppose actuellement les deux clubs sur le plan administratif et sportif.
« Si les stades de Kinshasa ne sont pas homologués, il faudra bien trouver une solution. Personnellement et sincèrement, je préférerais que ce soit le stade Kibasa-Maliba, parce qu’aujourd’hui l’animosité qui existe malheureusement entre les dirigeants du TP Mazembe et ceux des Aigles du Congo nous laisse craindre certains débordements que nous ne voulons pas assumer », a expliqué le président des Aigles du Congo.
L’affaire Bingi Belo cristallise les tensions entre les deux clubs
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par un conflit administratif entre les deux formations. Au centre de cette controverse figure le dossier du joueur Bingi Belo, aligné par le TP Mazembe lors des Play-offs de la Linafoot.
Les dirigeants des Aigles du Congo estiment que le joueur aurait participé à ces rencontres sans disposer d’une licence valide, ce qui constituerait une violation des règlements de la compétition.
Selon les textes en vigueur, l’utilisation d’un joueur non qualifié peut entraîner des sanctions sportives, notamment la perte du match sur tapis vert. Une éventuelle décision favorable aux Aigles du Congo pourrait modifier le classement final du championnat national et permettre au club kinois de récupérer le titre.
Au-delà du litige sportif, la gestion du dossier par la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) a également contribué à renforcer les tensions. Les Aigles du Congo dénoncent notamment le délai de traitement de leur demande d’informations, déposée le 14 juin et dont la réponse serait intervenue seulement le 21 juillet, après une décision de la commission d’appel de la Linafoot.
Pour le camp kinois, ce calendrier aurait limité sa capacité à défendre pleinement ses arguments dans cette affaire.
En privilégiant le stade Frédéric Kibasa-Maliba plutôt que Kamalondo, Vidiye Tshimanga opte donc pour une solution qui dépasse le simple aspect sportif. Dans un contexte de rivalité exacerbée, évoluer dans l’antre du TP Mazembe pourrait, selon lui, créer une atmosphère difficile à gérer pour les joueurs et les supporters.
Cette situation place désormais les autorités sportives congolaises devant une urgence majeure : accélérer l’homologation des infrastructures de Kinshasa, notamment du Stade des Martyrs, afin d’éviter qu’un représentant national ne soit contraint de disputer ses rencontres continentales loin de sa base pour des raisons extrasportives.
Josaphat Mayi


