À l’heure du bilan de la première année du Gouvernement Suminwa II, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae, met en avant les réformes et initiatives engagées pour renforcer la protection des femmes, des enfants et des familles en République démocratique du Congo. Son action repose notamment sur une meilleure coordination entre les différents ministères concernés par les questions de protection et de cohésion sociale.
Parmi les priorités mises en œuvre figure le renforcement des mécanismes institutionnels de prise en charge des femmes et des enfants victimes de violences ou de différentes formes de vulnérabilité.
Dans cette perspective, le ministère du Genre, Famille et Enfant a travaillé au renforcement de la coordination nationale et provinciale à travers des cadres d’échanges réunissant les ministres provinciaux en charge du Genre ainsi que les responsables des divisions provinciales.
Une meilleure connaissance des violences basées sur le genre
La réalisation d’une enquête nationale sur les violences basées sur le genre constitue également l’un des axes importants de cette politique. L’étude, désormais finalisée et publiée, doit permettre de disposer de données actualisées pour mieux orienter les politiques publiques et les mécanismes de prise en charge des victimes.
Le ministère a également poursuivi l’intégration des Centres intégrés de services multisectoriels (CISM), conçus pour offrir aux victimes une prise en charge coordonnée.
À Kinshasa, quatre centres sont pleinement opérationnels, notamment à Ngaba, Ngaliema, Limete et Kitambo. Ces structures proposent gratuitement des services médicaux, psychosociaux, juridiques et judiciaires, ainsi que des mécanismes de réinsertion.
L’objectif est de permettre aux victimes d’accéder, en un même espace, aux différents services nécessaires à leur accompagnement et à leur rétablissement.
La protection de l’enfant au cœur des priorités
La protection de l’enfant constitue un autre chantier majeur. Le ministère travaille à l’élaboration d’une Politique nationale de l’enfant, destinée à renforcer la cohérence des interventions publiques en faveur de cette catégorie de la population.
Dans le même temps, le Parlement des enfants fait l’objet d’un processus d’institutionnalisation afin de renforcer la participation des enfants aux questions qui les concernent.
Le ministère entend également actualiser la stratégie nationale consacrée à la participation des femmes à la vie politique et publique, tout en poursuivant les actions en faveur de leur autonomisation économique, notamment dans le secteur agricole.
La masculinité positive comme levier de prévention
La promotion de la masculinité positive figure également parmi les orientations développées par le ministère. Cette approche vise notamment à faire évoluer les comportements et à favoriser des relations plus équilibrées au sein des familles et de la société.
Pour Micheline Ombae, la prévention des violences et la promotion des droits des femmes et des enfants ne peuvent être dissociées d’un travail sur les normes sociales et les comportements.
Une réponse coordonnée pour les enfants en rupture familiale
La prise en charge des enfants en rupture familiale, communément appelés « Shégués », constitue également un axe de collaboration avec le ministère des Affaires sociales, de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale dirigé par Ève Bazaiba.
L’approche privilégie l’écoute, la protection, l’assistance, l’hébergement d’urgence et, lorsque cela est possible, la réunification familiale.
Cette collaboration vise notamment à apporter une réponse aux enfants victimes de violences, privés de soutien familial ou confrontés à des situations de vulnérabilité.
Une collaboration renforcée avec les Droits humains
Le ministère du Genre travaille également avec celui des Droits humains, dirigé par Samuel Mbemba, notamment dans le mécanisme d’orientation des victimes de violations des droits.
Cette coopération porte sur le référencement des cas, le plaidoyer, la médiation et l’accompagnement des victimes à travers les structures provinciales.
L’objectif affiché est de mettre en place une réponse gouvernementale davantage coordonnée, dans laquelle la protection des femmes et des enfants s’articule avec l’action sociale, la défense des droits humains et le renforcement de la cohésion familiale.
À travers ces différentes initiatives, Micheline Ombae entend inscrire la politique du Genre, Famille et Enfant dans une approche intégrée, où la prévention, la protection, la prise en charge des victimes et l’autonomisation des femmes constituent des leviers complémentaires de cohésion sociale.
Joséphine Mawete


