La République démocratique du Congo et la Tanzanie entendent donner un nouvel élan à leur partenariat économique et stratégique. Au terme de la visite de travail de deux jours effectuée du lundi 17 au mardi 18 août par le président Félix-Antoine Tshisekedi en Tanzanie, les deux pays ont convenu de renforcer leur coopération dans les secteurs minier, commercial et infrastructurel, tout en consolidant leur collaboration en matière de paix et de sécurité régionales.
Reçu par son homologue tanzanienne Samia Suluhu Hassan à Zanzibar, le chef de l’État congolais a échangé avec elle sur les moyens de faciliter les échanges commerciaux, d’améliorer les services aux frontières et de favoriser une plus grande implication du secteur privé dans les projets de développement.
Au cœur des discussions figure également le secteur minier. Kinshasa et Dodoma ont convenu d’approfondir leur collaboration, de l’exploitation des minerais jusqu’à leur transformation et leur commercialisation, avec un accent sur la recherche, le transfert de compétences et le partage d’expertise.
Pour les deux pays, cette orientation ouvre la voie à une coopération davantage axée sur la valorisation locale des ressources naturelles. La Tanzanie, importante productrice d’or, et la RDC, acteur majeur dans la production de cobalt, cherchent ainsi à développer des chaînes de valeur capables de générer davantage de retombées économiques sur le continent.
Dans son intervention à l’issue des échanges, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité pour les États africains de sortir du modèle fondé principalement sur l’exportation des matières premières.
« Nous en avons assez, comme ça, de servir de terre d’extraction, où nous voyons nos minerais sortir de terre à l’état brut et aller être transformés ailleurs, avoir de la valeur ajoutée ailleurs, alors que, sur notre continent, nous pouvons le faire et nous avons les moyens de le faire », a déclaré le président congolais.

Pour lui, la transformation locale des ressources minières et agricoles doit permettre de créer de la richesse, des emplois et davantage d’opportunités pour les jeunes.
Cette ambition nécessite toutefois des investissements importants dans les infrastructures et l’énergie.
« Nous devons relever plusieurs défis, notamment celui des infrastructures : la construction de routes, la construction de ports, de ponts, mais également l’accès à l’énergie », a-t-il souligné.

Félix Tshisekedi a également appelé à multiplier les investissements dans la production énergétique afin d’accompagner l’industrialisation du continent.
« Nous devons multiplier nos efforts, construire des centrales électriques, des centrales photovoltaïques, bref, pour pouvoir générer de l’énergie et garantir l’accès à cette énergie à toutes nos populations », a-t-il affirmé.

Le président congolais a par ailleurs estimé que les partenariats avec les États-Unis, la Chine et l’Europe peuvent contribuer à cette transformation, à condition qu’ils accompagnent davantage les ambitions africaines en matière de création de valeur.
De son côté, Samia Suluhu Hassan a mis l’accent sur la nécessité de fluidifier les échanges entre les deux pays. La présidente tanzanienne a notamment évoqué la suppression des obstacles jugés inutiles au commerce et l’amélioration des services aux frontières.
Elle a également encouragé la RDC à tirer davantage parti du potentiel tanzanien dans l’agriculture, la pêche et l’élevage afin d’accroître les échanges commerciaux bilatéraux.
« La Tanzanie dispose d’un potentiel considérable dans la production agricole, halieutique et d’élevage. J’ai donc invité la RDC à saisir ces opportunités pour accroître ses échanges commerciaux avec la Tanzanie », a-t-elle déclaré.

Les deux dirigeants ont également accordé une attention particulière aux infrastructures et aux corridors de transport, essentiels pour faciliter la circulation des marchandises entre la RDC et les marchés de l’océan Indien. Les discussions portent notamment sur les routes, les chemins de fer, les ports et l’énergie.
La paix et la sécurité régionales ont également figuré parmi les priorités de cette rencontre. Kinshasa et Dodoma ont réaffirmé leur volonté de poursuivre leur collaboration pour consolider la stabilité dans la région et favoriser le développement des deux pays.
Félix Tshisekedi a, à cette occasion, réaffirmé la solidarité de la RDC envers la Tanzanie.
« La République démocratique du Congo sera toujours aux côtés du peuple tanzanien pour le soutenir, parce que nous savons ce que c’est que l’instabilité et l’insécurité », a-t-il déclaré.

Cette convergence intervient alors que les deux pays jouent un rôle important dans les dynamiques régionales, notamment à travers leur appartenance à la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) et à la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).
Au terme de sa visite, Félix Tshisekedi a quitté la Tanzanie après deux jours d’échanges avec les autorités de Dodoma. La rencontre aura ainsi permis de poser les bases d’un approfondissement de la coopération bilatérale, avec un accent particulier sur la transformation des ressources, le commerce, les infrastructures et la sécurité.
Pour Kinshasa comme pour Dodoma, l’enjeu est désormais de traduire ces orientations en initiatives concrètes susceptibles de renforcer les échanges et de produire des retombées économiques au bénéfice des populations des deux pays.
Lydia Mangala


