Dans le système de paie des enseignants, la bataille ne se joue plus uniquement autour des montants versés. Elle concerne désormais aussi la fiabilité des personnes enregistrées dans les fichiers.
La Direction nationale de contrôle, de la paie et de la gestion des enseignants (DINACOPE) a annoncé, ce mercredi 12 août 2026, avoir identifié et désactivé 148 administratifs de bureaux qui auraient été intégrés frauduleusement dans le fichier de paie. Une opération qui traduit, selon l’administration, sa volonté de renforcer l’assainissement du système et de lutter contre les effectifs fictifs.
La DINACOPE veut traquer les anomalies pour récupérer des ressources
Pour la DINACOPE, chaque personne fictive ou irrégulièrement enregistrée représente une dépense publique qui ne bénéficie pas à l’enseignant auquel elle est destinée.
Cette logique constitue désormais l’un des principaux axes de la politique de contrôle annoncée par l’administration.
L’harmonisation des bases de données entre la DINACOPE et les services chargés de la paie doit notamment permettre de confronter les informations, de détecter les incohérences et de réduire les délais de mise à jour des données.
Cette volonté d’assainissement n’est toutefois pas nouvelle. Un contrôle physique systématique des agents de la DINACOPE avait déjà révélé, en 2024, des effectifs susceptibles d’être suspendus du fichier de paie pour différents motifs. La nouvelle étape annoncée mise cependant davantage sur les outils numériques.
La DINACOPE mise sur l’empreinte digitale, la reconnaissance faciale et l’intelligence artificielle
La DINACOPE entend progressivement s’éloigner d’une gestion reposant essentiellement sur des procédures manuelles.
L’administration annonce ainsi la digitalisation du contrôle physique et de la gestion des effectifs, avec l’intégration progressive de nouveaux outils technologiques.
Parmi ceux-ci figurent notamment l’empreinte digitale et la reconnaissance faciale au niveau de l’administration centrale.
L’objectif affiché est de déterminer avec davantage de fiabilité qui est effectivement présent, qui est absent et qui doit réellement figurer dans les effectifs administratifs.
La DINACOPE évoque également le recours à l’intelligence artificielle pour améliorer l’exploitation et le croisement des données.
Derrière cette modernisation se dessine une nouvelle approche de la gestion : disposer de données actualisées, traçables et suffisamment fiables pour limiter les erreurs humaines et les manipulations.
La technologie devient un outil de lutte contre la fraude
Pour la DINACOPE, il ne s’agit pas uniquement de sanctionner, mais de rendre le système plus fiable, plus transparent et davantage contrôlable.
L’enjeu est également financier. En supprimant les irrégularités du fichier, les ressources récupérées peuvent être réorientées vers les enseignants réellement en attente de leur rémunération ou de leur prise en charge.
Cette approche s’inscrit dans une problématique déjà identifiée par les autorités congolaises. Des contrôles antérieurs avaient notamment mis au jour des agents absents de leurs postes ou rémunérés sur la base de documents falsifiés ou irréguliers.
Avec les 148 administratifs désactivés, la DINACOPE veut faire comprendre que le fichier de paie ne doit plus être considéré comme un simple registre administratif, mais comme une base de données devant faire l’objet d’un contrôle permanent.
La prochaine bataille sera toutefois celle de la mise en œuvre. Car si la digitalisation peut permettre de mieux identifier les irrégularités, son efficacité dépendra de la qualité des données collectées, de la régularité des contrôles et de la capacité de l’administration à maintenir le système à jour.
Pour la DINACOPE, le défi est désormais de faire en sorte que la technologie serve directement l’enseignant avec moins d’effectifs fictifs, moins d’erreurs, davantage de transparence et, surtout, une rémunération qui parvient au véritable bénéficiaire.
Ben Mandjolo


