Face aux défis persistants liés à la paix, à la sécurité et à la participation des femmes et des jeunes dans les processus de transformation sociale, les médias doivent davantage se positionner comme des acteurs de changement. C’est l’appel lancé par Tina Likula, directrice-cheffe de service aux médias audiovisuels, représentant le secrétaire général du ministère de la Communication et Médias, lors de l’atelier de renforcement des capacités des professionnels des médias sur les agendas Femmes, Paix et Sécurité (FPS) et Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS).
Organisée par le Cadre permanent de concertation de la femme congolaise (CAFCO), en collaboration avec le Global Network of Women Peacebuilders (GNWP) et avec l’appui du Canada, cette rencontre a été l’occasion pour la représentante du ministère de rappeler la responsabilité particulière des journalistes dans la construction d’un récit favorable à la paix et à l’inclusion.

« Votre plume, votre micro et vos caméras ont le pouvoir de sortir ces thématiques de l’ombre, de sensibiliser l’opinion publique, d’exiger l’arrêt des fragilités et de mettre en lumière nos solutions locales, durables et porteuses d’avenir », a-t-elle déclaré devant les professionnels des médias réunis à Kinshasa.
Dans son intervention, Tina Likula a replacé cet atelier dans le contexte des engagements pris par la communauté internationale à travers les résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, notamment la résolution 1325 adoptée en 2000, qui reconnaît le rôle central des femmes dans la prévention et la résolution des conflits.
Selon elle, malgré les avancées enregistrées sur le plan institutionnel et juridique, un écart demeure entre les engagements pris et leur application concrète au sein des communautés.
« Si depuis l’adoption de la résolution historique 1325 en l’an 2000, des avancées normatives ont été enregistrées, force est de constater que sur le terrain, le chemin à parcourir reste long », a-t-elle souligné.

Elle a ainsi insisté sur la nécessité de renforcer l’implication des médias afin que ces questions ne restent pas confinées aux cadres institutionnels, mais deviennent des sujets régulièrement traités dans l’espace public.
En dehors de leur rôle d’information, les médias ont également été appelés à jouer un rôle de protection dans un environnement marqué par la circulation rapide des fausses informations, particulièrement en période de crise.

Pour Tina Likula, les journalistes doivent être des acteurs capables de promouvoir une information responsable et de contribuer à la cohésion sociale.
« Le rôle des médias dans la lutte contre la désinformation ne peut être sous-estimé. Vous êtes les vecteurs indispensables de la transformation sociale », a-t-elle affirmé.
Elle a également encouragé les professionnels des médias à intégrer davantage les questions liées au genre, à la jeunesse, à la cybersécurité et à la lutte contre les discours de haine dans leurs productions quotidiennes.
Saluant l’initiative portée par CAFCO et ses partenaires, la représentante du ministère de la Communication et Médias a estimé que cette formation dépasse le simple renforcement des compétences techniques.
« Cet atelier ne vise pas seulement à renforcer vos capacités, mais à susciter une véritable prise de conscience », a-t-elle indiqué, souhaitant qu’à l’issue de cette session, les 130 professionnels des médias présents deviennent de véritables ambassadeurs des agendas Femmes, Paix et Sécurité ainsi que Jeunesse, Paix et Sécurité.

Réaffirmant l’engagement du ministère à accompagner les initiatives visant à professionnaliser davantage le secteur médiatique congolais, Tina Likula a rappelé que les médias demeurent un partenaire essentiel dans les efforts de pacification et de développement de la République démocratique du Congo.
Pour elle, dans un pays confronté à des défis sécuritaires et sociaux majeurs, le journaliste ne doit pas seulement être un témoin des crises, mais aussi un acteur capable de mettre en lumière les solutions et de contribuer à bâtir une paix durable.
Lydia Mangala


