En visite officielle en République démocratique du Congo du 13 au 15 juillet 2026, le directeur général du Groupe Agence française de développement (AFD), Christophe Lecourtier, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les priorités de développement du pays. Pour sa première mission bilatérale en RDC depuis sa prise de fonction en mai dernier, le responsable français a placé la santé publique, la recherche scientifique et le renforcement des infrastructures au cœur de son agenda.
Cette visite intervient dans un contexte particulier, alors que la RDC fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola. C’est dans ce cadre que Christophe Lecourtier a choisi de débuter son séjour par une visite de travail à l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), un centre de référence continental dans la surveillance, le diagnostic et la riposte contre les maladies infectieuses.
Accueilli par le professeur Jean-Jacques Muyembe Tamfum, directeur général de l’INRB, le patron de l’AFD a visité les laboratoires de l’institution et échangé sur les enjeux actuels de la recherche biomédicale en RDC.
À l’issue de cette visite, Christophe Lecourtier a salué l’expertise scientifique développée par l’INRB et le rôle majeur joué par les chercheurs congolais dans la sécurité sanitaire mondiale.
« Vous jouez un rôle de sentinelle, d’abord pour la République démocratique du Congo, à un moment où votre pays fait face à une nouvelle épidémie d’Ebola. Mais ce rôle dépasse largement les frontières nationales : vous le jouez pour nous tous, pour l’Europe aussi, pour le monde », a-t-il déclaré.
Le directeur général de l’AFD a également annoncé la construction prochaine d’un nouveau bâtiment administratif au sein de l’INRB, une initiative destinée à accompagner la modernisation de cette institution stratégique.
« Nous avons engagé ensemble une nouvelle étape qui se concrétisera par la construction d’un nouveau bâtiment administratif. Ce projet illustre la continuité de notre relation », a-t-il indiqué.
Pour le professeur Jean-Jacques Muyembe, ce partenariat historique avec la France a déjà permis des avancées significatives, notamment dans la formation des experts congolais.
« La première contribution de la France est la formation. Beaucoup d’experts qui sont aujourd’hui sur le terrain ont été formés en France. Le professeur Placide ou encore le professeur Ahuka, récemment nommé Incident Manager, ont réalisé leur thèse en France », a-t-il expliqué.
Selon lui, l’appui français contribue également au renforcement des capacités nationales de riposte, notamment à travers le financement des activités liées à la lutte contre Ebola et le développement du réseau national des laboratoires.
Outre le secteur sanitaire, cette mission traduit l’importance stratégique accordée à la RDC dans les interventions du Groupe AFD. L’institution revendique actuellement un portefeuille de plus de 700 millions d’euros répartis sur 35 projets actifs dans plusieurs secteurs prioritaires.
Ces investissements concernent notamment l’aménagement urbain, les infrastructures, l’eau et l’assainissement, le développement territorial, la formation, la culture et la santé.
« Cette visite traduit l’importance stratégique de la RDC dans l’action du Groupe AFD et réaffirme son engagement aux côtés des autorités congolaises pour accompagner les priorités de développement du pays », indique l’institution.
Dans le domaine sanitaire, les projets soutenus par la France représentent près de 80 millions d’euros et visent notamment à renforcer les capacités des structures nationales face aux épidémies et aux défis liés à la résistance aux antimicrobiens.
Au cours de son séjour, Christophe Lecourtier a également visité les nouvelles infrastructures de l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa, réalisées dans le cadre du projet « Pour Elles – Sport & Culture », financé par l’AFD et mis en œuvre par Expertise France.
Ce projet vise à améliorer les conditions d’apprentissage artistique et sportif, tout en favorisant un accès plus inclusif aux opportunités de formation, particulièrement pour les jeunes femmes.
Le 15 juillet, le directeur général de l’AFD doit également inaugurer le laboratoire de l’Hôpital de Référence de Kinkole, construit et équipé dans le cadre du projet LABOH-KIN.
Ce programme a permis la construction et l’équipement de cinq laboratoires, la mise en place d’un atelier de biomaintenance ainsi que la formation de près de 300 professionnels de santé. Il devrait contribuer à améliorer l’accès à des examens biologiques fiables pour plus de deux millions d’habitants.
Entre 2022 et 2025, le Groupe AFD a mobilisé près de 500 millions d’euros pour financer plusieurs projets en RDC. À travers cette nouvelle mission, l’institution française entend poursuivre son accompagnement dans les domaines du capital humain, des services essentiels et des grandes transitions économiques, sociales et environnementales.
Présent dans plus de 160 pays, le Groupe AFD intervient à travers ses différentes entités, notamment l’AFD pour le financement du secteur public, Proparco pour le secteur privé et Expertise France pour la coopération technique.
À Kinshasa, cette visite aura également permis de faire de la coopération franco-congolaise un levier durable pour renforcer les capacités nationales, soutenir l’innovation scientifique et répondre aux défis sanitaires et sociaux auxquels fait face la RDC.
Lydia Mangala


