À Kinshasa, la remise de 537 dossiers de formalisation à de jeunes entrepreneurs a été l’occasion pour le directeur général du Fonds spécial pour la promotion, l’entrepreneuriat et l’emploi des jeunes (FSPEEJ), Joseph Mbuyi Mukendi, de plaider pour une transformation profonde de l’environnement entrepreneurial en République démocratique du Congo. Dans son allocution prononcée ce samedi 12 septembre 2026 au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC), il a notamment insisté sur la simplification des démarches, l’accompagnement des jeunes et la nécessité de transformer l’entrepreneuriat en véritable levier de développement économique.
Joseph Mbuyi a commencé son intervention en revenant sur une préoccupation déjà exprimée par le président de la République concernant la lourdeur et le coût des démarches de création d’une entreprise.
Pour illustrer cette réalité, le DG du FSPEEJ a évoqué le cas d’un jeune entrepreneur contraint de dépenser plusieurs centaines de dollars et d’attendre plusieurs mois avant de parvenir à formaliser son activité.

« 750 dollars, ce n’est pas normal. C’est pour ça qu’on a créé cette entreprise. C’est pour ça qu’on a créé cette entreprise, surtout pour les jeunes », a-t-il martelé.
Pour lui, cette situation ne peut plus être considérée comme une fatalité dans un pays qui veut faire de sa jeunesse un moteur de transformation économique.
« On peut simplifier le parcours des jeunes pour créer une entreprise », a-t-il insisté, appelant ainsi à rendre les procédures plus accessibles à ceux qui souhaitent entreprendre.
La cérémonie organisée sous le haut patronage du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a marqué la remise des documents de formalisation à 537 jeunes entrepreneurs, dans le cadre de la deuxième cohorte du programme du FSPEEJ.
Joseph Mbuyi a expliqué que ces documents constituent un ensemble permettant aux bénéficiaires de disposer d’une véritable existence administrative et économique.
« Il s’agit des documents de formalisation composés de sept éléments », a-t-il expliqué.
Il a notamment cité le numéro du registre de commerce, l’identification nationale, le numéro de certification de l’ONEM, le certificat de l’INPP, le certificat de la CNSS, le numéro d’impôt ainsi que la lettre du ministère de l’Environnement.
Pour le responsable du FSPEEJ, cette formalisation va au-delà de la simple remise de documents. Elle doit permettre aux jeunes entrepreneurs d’accéder plus facilement aux opportunités économiques et de participer pleinement à la vie du secteur privé.
Dans son discours, Joseph Mbuyi a présenté la formalisation comme une étape essentielle vers l’intégration des jeunes dans le tissu économique national.

« Ils acquièrent une identité économique », a-t-il souligné.
Il estime que les documents remis constituent des outils permettant aux bénéficiaires de mieux accéder aux marchés, aux financements et aux différentes opportunités offertes par l’économie formelle.
Le DG du FSPEEJ a également insisté sur l’importance du partenariat public-privé et de l’accès des jeunes entrepreneurs aux marchés publics et privés.
« Il faut tous avoir confiance, accéder facilement aux financements, aux valeurs du partenariat public et privé, mais aussi au partenariat solide, participer au marché public-privé et contribuer pleinement à l’économie », a-t-il déclaré.
Pour Joseph Mbuyi, la formalisation ne doit cependant pas constituer une finalité. Elle doit être accompagnée d’un véritable dispositif permettant aux entreprises de survivre, de se développer et de créer des emplois.
Le FSPEEJ entend ainsi poursuivre plusieurs programmes destinés à soutenir l’entrepreneuriat des jeunes, notamment à travers les projets entrepreneuriaux, le renforcement des capacités techniques et managériales ainsi que les programmes de formation professionnelle.
« Nous avons des programmes de métiers que nous mettons en place avec le partenariat à l’intention des entrepreneurs. Nous avons aussi des activités orientées sur la promotion de l’emploi et l’insertion des jeunes », a expliqué le directeur général.
Dans un message directement adressé aux jeunes, Joseph Mbuyi a également insisté sur la nécessité de développer les compétences et l’esprit entrepreneurial bien avant l’entrée dans la vie professionnelle.
« Chers jeunes, n’attendez pas d’aller à l’université pour vous former. Formez-vous, montez en compétences, osez, développez vos propres capacités », a-t-il lancé.
Pour lui, la réussite de la jeunesse congolaise repose autant sur les opportunités créées par les pouvoirs publics que sur l’engagement individuel des bénéficiaires.
« L’avenir a besoin de votre excellence, de votre réussite, de votre rêve et surtout de votre engagement », a-t-il ajouté.

Joseph Mbuyi a enfin appelé les jeunes bénéficiaires à considérer cette formalisation comme le début d’une nouvelle responsabilité.
« Vous êtes appelés à lutter pour devenir des modèles d’excellence, de résilience, d’intégrité et d’innovation », a-t-il déclaré.
Il les a également invités à respecter leurs engagements et à faire preuve de rigueur dans la gestion de leurs entreprises.
« Vous commencez, mais vous n’arrivez pas à respecter vos engagements », a-t-il déploré, mettant en garde contre les comportements susceptibles de fragiliser les initiatives entrepreneuriales dès leurs débuts.
Par cette deuxième cohorte, le FSPEEJ entend ainsi rapprocher davantage les jeunes Congolais du secteur formel et leur permettre de passer du statut d’initiative individuelle à celui d’acteur économique reconnu. Pour Joseph Mbuyi, il reste à faire de ces entreprises des structures viables, créatrices de valeur et capables de contribuer durablement à l’économie congolaise.
Lydia Mangala


