La situation sanitaire liée à la résurgence de la maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo, continue de susciter une forte mobilisation des autorités congolaises. À l’issue de la troisième réunion de la Task Force nationale tenue jeudi 25 juin 2026 à la Cité de l’Union africaine, de nouvelles mesures renforcées ont été annoncées par le gouvernement.
Présidée par le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, cette réunion a permis de faire le point sur l’évolution de l’épidémie et d’ajuster la stratégie de riposte.
Sur le plan épidémiologique, le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, le Dr Samuel Roger Kamba, a livré un bilan préoccupant.
« À ce jour, nous comptons plus de 1 100 cas et 277 décès confirmés, soit un taux de létalité d’environ 26 % », a-t-il déclaré, soulignant la gravité de la situation dans les zones touchées.
Selon les données présentées, l’épidémie reste concentrée dans trois provinces de l’Est du pays : l’Ituri, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. L’Ituri demeure l’épicentre avec 91 % des cas recensés. Cinq zones de santé, Bunia, Rwampara, Mungwalu, Nyankunde et Nizi, concentrent à elles seules 85 % des infections enregistrées dans la province.

Face à cette progression, plusieurs mesures strictes ont été adoptées par les autorités. Il s’agit notamment du renforcement du dispositif sécuritaire et sanitaire dans les zones affectées, avec le déploiement de la Police Nationale Congolaise et des équipes médicales pour intensifier les contrôles.
Ces contrôles incluent la prise de température, la surveillance des signes cliniques et le respect strict des mesures d’hygiène, notamment le lavage des mains dans les points d’entrée et les zones sensibles.
Le gouvernement a également instauré un protocole d’isolement strict. Toute personne ayant été en contact avec un malade sera soumise à une surveillance sanitaire obligatoire de 21 jours et ne pourra pas quitter la zone touchée. De même, les déplacements à l’étranger sont restreints pour les personnes en provenance des zones affectées.
Sur le plan humanitaire, le Président de la République a instruit le ministère des Affaires sociales de coordonner une assistance en faveur des populations déplacées. Il a également ordonné l’accélération de la construction des centres de traitement Ebola à proximité des sites concernés afin de renforcer la prise en charge rapide des patients.
Dans la capitale, le gouverneur de la ville-province de Kinshasa, Daniel Bumba, a rassuré qu’aucun cas de maladie à virus Ebola n’a été enregistré à ce jour dans la ville de Kinshasa.
Déclarée le 15 mai 2026, cette épidémie continue de mobiliser les autorités sanitaires nationales et les partenaires, dans un contexte où la vigilance reste maximale pour éviter toute propagation vers d’autres provinces du pays.
Lydia Mangala


