La tension monte d’un cran dans les coulisses du football congolais. Au cœur d’un conflit administratif et disciplinaire, la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) a décidé de hausser le ton. Dans une correspondance officielle datée du 23 juillet 2026, l’instance faîtière a adressé une mise en garde ferme à Vidiye Tshimanga, président du FC Les Aigles du Congo, dénonçant des propos et comportements jugés préjudiciables à l’image de l’institution ainsi qu’à l’honneur de ses dirigeants.
Pour comprendre l’origine de ce bras de fer, il faut remonter aux Play-offs de la Ligue Nationale de Football (LINAFOOT). Lors de cette phase décisive, le FC Les Aigles du Congo a contesté la présence du joueur Chadrack Bingi Belo dans l’effectif du TP Mazembe. La direction des Aigles estime que le joueur aurait disputé certaines rencontres sans disposer d’une licence valide, ce qui constituerait une violation des règlements en vigueur.
Selon les textes de la compétition, l’alignement d’un joueur non qualifié peut entraîner une sanction sportive en faveur de l’équipe adverse. Si cette décision venait à être confirmée, elle pourrait modifier le classement final du championnat et permettre au FC Les Aigles du Congo de prétendre au titre national.
Le dossier a rapidement pris une dimension médiatique en raison des délais administratifs entourant la procédure. Déposée le 14 juin, une demande d’informations adressée par les Aigles du Congo à la FECOFA n’aurait reçu une réponse que le mardi 21 juillet, soit après la décision rendue par la Commission d’appel de la LINAFOOT. Pour le club kinois, ces éléments auraient pu jouer un rôle important dans la défense de son recours.
Face à cette situation, Vidiye Tshimanga avait exprimé son mécontentement.
« Étonnamment, nous recevons cette réponse un jour après que la LINAFOOT a statué sur notre appel. Or nous avions besoin de ces éléments pour nous défendre. Tout cela devient comique. Je constate que la FECOFA s’engage sur le chemin du déni de justice à l’égard des sociétaires que nous sommes », avait déclaré le président des Aigles du Congo.
La FECOFA rappelle les règles de procédure et hausse le ton
La réaction de la fédération ne s’est pas fait attendre. Dans son courrier du 23 juillet, la FECOFA appelle Vidiye Tshimanga au respect des procédures et remet en question sa démarche. L’instance lui reproche notamment d’avoir adressé une nouvelle requête à l’administration fédérale alors qu’un traitement avait déjà été effectué, tout en rappelant l’indépendance des organes juridictionnels de la LINAFOOT conformément à ses textes.
Au-delà de l’aspect administratif, la FECOFA critique également la communication du président des Aigles du Congo, notamment la diffusion de contenus sur les réseaux sociaux comportant, selon elle, des propos susceptibles de porter atteinte à l’image de la fédération et de ses responsables.
Dans sa correspondance, l’instance fédérale réaffirme son intention de faire respecter les principes de gouvernance sportive.
« Le temps des intimidations dans le football doit se terminer. Sous ma présidence, les règlements et la séparation des pouvoirs seront appliqués avec rigueur. Aucun club n’est au-dessus des autres. Le football doit se gagner sur le terrain et non dans les réseaux », indique la FECOFA.
En rappelant que toute contestation doit suivre les voies réglementaires prévues par les textes, la fédération prévient qu’elle n’hésitera pas à saisir ses organes disciplinaires compétents en cas de nouveaux manquements.
Des sanctions disciplinaires sont ainsi évoquées, pouvant aller jusqu’à des mesures plus sévères en cas de récidive.
Pour l’heure, la FECOFA est entend réaffirmer son autorité et faire respecter les règles de gouvernance au sein du football congolais.
Josaphat Mayi


