LLe ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Dr Samuel Roger Kamba, a fait le point sur la gestion de l’épidémie de maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo lors de son passage dans l’émission « Le Débat » diffusée jeudi 6 août 2026 sur Top Congo FM. Stratégies de riposte, circulation du virus, prise en charge des patients et rumeurs sur une éventuelle présence de la maladie à Kinshasa : le ministre a apporté plusieurs éclaircissements sur la situation sanitaire actuelle.
Alors que la RDC fait face à sa 17ᵉ épidémie d’Ebola, les autorités sanitaires poursuivent les opérations de surveillance et de contrôle, particulièrement dans les zones touchées en Ituri et dans les provinces environnantes.

Selon Samuel Roger Kamba, cette nouvelle flambée présente des caractéristiques particulières, notamment en raison du type de virus identifié. Les premières analyses ont révélé la présence du virus Ebola Bundibugyo, différent du variant Ebola Zaïre habituellement rencontré en RDC.
« Nos équipes sont spécialisées dans l’Ebola Zaïre et non dans le Bundibugyo, une variante venue de l’Ouganda. Le Bundibugyo présente des symptômes proches de la malaria, avec très peu d’hémorragies », a expliqué le ministre.

Cette particularité rend parfois le diagnostic plus complexe, les premiers signes pouvant ressembler à ceux d’autres maladies courantes, notamment le paludisme, avec des symptômes comme la fièvre, les maux de tête, les diarrhées ou encore les vomissements.
Le ministre a également évoqué le contexte particulier de l’épicentre situé à Mungwalu, une zone minière de l’Ituri marquée par une forte mobilité des populations.
« L’épicentre est Mungwalu, une région abritant des mines d’or où les travailleurs viennent de partout. En raison de cette forte mobilité, la maladie se déplace rapidement », a-t-il déclaré.

La riposte est également confrontée aux réalités sociales et sécuritaires de certaines zones affectées. Les déplacements de populations, la présence de sites de déplacés et l’insécurité rendent parfois difficile l’accès des équipes sanitaires aux communautés.
« Il est difficile pour nous d’intervenir lorsque les soins doivent être dispensés dans une zone d’insécurité. En Ituri, de nombreux déplacés vivent dans des camps depuis longtemps », a indiqué le ministre.
Il a toutefois rappelé une particularité importante de la maladie à virus Ebola : la transmission intervient principalement lorsqu’une personne infectée présente des symptômes.
« L’avantage avec l’Ebola, c’est que l’on n’est contagieux que lorsque l’on est malade », a-t-il souligné.

Réagissant aux inquiétudes suscitées par l’immobilisation d’un bateau en provenance de Kisangani à destination de Kinshasa après le décès suspect d’un passager, Samuel Roger Kamba a tenu à rassurer la population.
Selon lui, cette mesure relevait d’une précaution sanitaire et non d’une confirmation de présence du virus dans la capitale.
« Il n’y a pas d’Ebola à Kinshasa. Le bateau suspect arrivé ne vient pas de la zone infectée par Ebola », a affirmé le ministre.

À bord de cette embarcation, 255 personnes font l’objet d’un suivi par les équipes sanitaires afin de procéder aux vérifications nécessaires et d’établir les causes exactes du décès signalé.
Face aux risques liés aux retards de prise en charge, le ministre de la Santé a insisté sur l’importance pour toute personne présentant des signes suspects de se rendre rapidement dans une structure sanitaire.
« La gratuité des soins est garantie par l’État. Aux malades, il ne faut pas attendre. Vous vous sentez mal ? Allez à l’hôpital », a-t-il lancé.
Il a assuré que les équipes médicales mobilisées en Ituri bénéficient d’un accompagnement de l’État, notamment à travers les primes de risque et les primes de brousse, afin de maintenir la capacité de réponse sur le terrain.
Le ministre a également invité les populations à fréquenter les structures sanitaires reconnues, précisant que des équipements de protection individuelle sont mis à disposition pour sécuriser le personnel soignant.
Pour les autorités sanitaires, la lutte contre Ebola repose désormais sur l’identification rapide des cas, le suivi des contacts, la sensibilisation des communautés et l’accès précoce aux soins.
Alors que les équipes poursuivent leurs investigations en Ituri, Samuel Roger Kamba appelle à éviter la désinformation et à privilégier les alertes sanitaires officielles.
La RDC poursuit ainsi sa riposte contre cette nouvelle épidémie avec l’objectif de contenir la propagation du virus tout en garantissant une prise en charge efficace des personnes affectées.
Lydia Mangala


