La reconnaissance des crimes commis en République démocratique du Congo et la justice pour les victimes ont été au centre d’une conférence organisée ce mercredi au Parlement européen. Intitulée « Brisons le silence : 1996-2026, le Congo que nous avions choisi d’oublier », la rencontre a réuni des parlementaires européens, des victimes et des experts autour des violences subies par les populations congolaises et des mécanismes nécessaires pour lutter contre l’impunité.
Organisée par le Fonds national de réparation des victimes des violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre la paix et la sécurité de l’humanité (FONAREV) et la Commission interministérielle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR), la conférence a été animée par le député européen Thierry Mariani.

Au cours des échanges avec les parlementaires européens, le FONAREV et la CIA-VAR ont présenté leurs missions respectives en faveur des victimes des conflits en RDC. Les deux institutions ont notamment attiré l’attention sur les souffrances des populations civiles, en particulier celles des victimes de violences sexuelles utilisées comme arme de guerre.
Elles ont plaidé pour la reconnaissance internationale des crimes commis sur le territoire congolais, la préservation de la dignité des victimes et la mise en place d’un tribunal chargé de juger les auteurs des crimes les plus graves.
Cette démarche vise à renforcer la mobilisation internationale autour de la justice, de la réparation et de la lutte contre l’impunité, dans un contexte marqué par les conséquences persistantes des conflits armés en RDC.
La conférence a également été marquée par le témoignage de Mamie Kahambu, victime de la guerre à Goma. Revenant sur les atrocités qu’elle affirme avoir subies, elle a interpellé les parlementaires européens sur la nécessité de passer des déclarations aux actions concrètes pour mettre fin aux violences et garantir la justice aux victimes.
Son témoignage a donné une dimension humaine aux discussions, en rappelant que derrière les débats sur la reconnaissance des crimes et les mécanismes judiciaires se trouvent des personnes dont les vies ont été profondément affectées par les conflits.
Le FONAREV et la CIA-VAR entendent renforcer le plaidoyer auprès des institutions européennes pour que les crimes commis en RDC soient reconnus et que les victimes bénéficient de réponses concrètes en matière de justice et de réparation.
La rencontre s’inscrit dans une démarche de sensibilisation internationale sur les violences subies par les populations congolaises depuis 1996, ainsi que sur la nécessité de mettre en place des mécanismes judiciaires adaptés à la gravité des crimes dénoncés.
Lydia Mangala


