Présidente de la Fondation Bomoko, Sharufa Amisi revendique un engagement construit sur le terrain, notamment dans la lutte contre le cancer et la libération de la parole autour de cette maladie. À travers une récente prise de position, elle laisse entrevoir une ambition plus large : transformer son expérience associative en une capacité d’action politique, institutionnelle et financière au service d’un plus grand nombre de personnes.
Elle préfère, pour l’instant, agir dans l’ombre plutôt que rechercher la lumière. Mais Sharufa Amisi ne cache pas ses ambitions. Présidente de la Fondation Bomoko, elle entend poursuivre son engagement social tout en préparant, à terme, une implication à un niveau de responsabilité plus élevé.
Dans une publication récente, elle est revenue sur le parcours de la Fondation Bomoko, dont les initiatives ont contribué, selon elle, à sensibiliser les communautés, à briser les tabous liés au cancer et à redonner espoir à des personnes confrontées à la maladie.
« La Fondation Bomoko a vu le jour, a grandi et a mené des actions qui, à leur échelle, ont inspiré, sauvé des vies et surtout contribué à libérer la parole autour du cancer », souligne-t-elle.
La Fondation Bomoko, un engagement au-delà des discours
À travers cette déclaration, Sharufa Amisi met en avant une conception de l’engagement qui privilégie les résultats concrets aux discours. Pour elle, la lutte contre le cancer ne se limite pas aux campagnes de sensibilisation. Elle suppose également de créer des espaces d’écoute, de combattre les préjugés et d’accompagner les personnes touchées par la maladie.
Cette vision s’est notamment illustrée lors de sa participation à la deuxième édition de « Au-delà du ruban rose », organisée le 30 octobre au restaurant Le Z, à Kinshasa, autour de l’impact du cancer du sein sur la santé mentale.
Aux côtés du Collectif Vision Congo ASBL et d’autres intervenants, cette rencontre a permis de rappeler que les conséquences du cancer dépassent largement le cadre physique et médical. Les témoignages et les échanges ont mis en évidence l’importance du soutien psychologique et de l’accompagnement humain dans le parcours des personnes malades.
Une thématique qui rejoint le combat porté par la Fondation Bomoko : faire de la sensibilisation un instrument de changement social et de solidarité.
Une ambition assumée pour de plus grandes responsabilités
Mais le message de Sharufa Amisi dépasse le seul cadre associatif. Dans sa publication, elle évoque ouvertement sa volonté d’accéder, à l’avenir, à des positions qui lui offriraient davantage de moyens pour amplifier son action.
« Je continuerai à agir avec les moyens à ma disposition, jusqu’au jour où le temps et les circonstances s’aligneront pour me permettre d’occuper des positions qui me donneront davantage de leviers politiques, institutionnels et financiers pour toucher encore plus de vies », affirme-t-elle.
Une déclaration qui traduit une ambition de passer progressivement de l’action associative à une capacité d’intervention plus large dans les sphères de décision. Sans annoncer de candidature ni de position politique précise, la présidente de la Fondation Bomoko assume l’idée que l’engagement citoyen peut également constituer un socle pour exercer de plus grandes responsabilités.
Elle estime que cette éventuelle évolution ne partirait pas de zéro. Son argument repose sur l’expérience acquise, les actions déjà menées et les relations humaines construites au fil de son parcours.
Faire ses preuves avant de prétendre diriger

« Je ne partirai pas de zéro. J’aurai déjà fait mes preuves sur le terrain et touché vos cœurs, sincèrement », insiste-t-elle.
Derrière cette phrase se dessine une certaine conception du leadership : celui qui se construit dans la durée, au contact des populations et à travers des engagements vérifiables. Pour Sharufa Amisi, la légitimité à exercer de plus grandes responsabilités doit aussi se nourrir d’une expérience concrète du service à la communauté.
Son positionnement pose ainsi une question plus large sur la place des acteurs de la société civile dans la transformation sociale : comment faire évoluer les initiatives locales vers des politiques et des mécanismes capables de produire un impact à plus grande échelle ?
En attendant que les circonstances lui ouvrent de nouvelles perspectives, Sharufa Amisi affirme vouloir poursuivre son travail avec les moyens dont elle dispose.
Son ambition est désormais clairement exprimée : faire de l’expérience acquise sur le terrain un levier pour toucher davantage de vies. Reste à inscrire cette ambition dans la durée et à la traduire en résultats toujours plus visibles.
Joséphine Mawete


