À l’occasion de la quatrième commémoration nationale du GENOCOST, organisée dimanche 2 août 2026 au Mémorial du GENOCOST à Kinshasa, le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a prononcé un discours solennel centré sur la mémoire des victimes, la quête de justice et les engagements de l’État en faveur des survivants. Devant les rescapés, les familles des victimes, les autorités nationales et plusieurs invités, le Chef de l’État a rappelé que le devoir de mémoire ne peut avoir de sens sans des actions concrètes en faveur de la vérité, de la réparation et de la paix.
Dès l’entame de son allocution, le Président de la République a expliqué que cette journée nationale ne devait ni alimenter les divisions ni enfermer le pays dans les blessures du passé, mais contribuer à rétablir la vérité historique.

« Les nations se construisent par les victoires qu’elles remportent. Elles se forgent aussi dans les épreuves qu’elles surmontent et dans la vérité qu’elles ont le courage de regarder en face. L’histoire de la République démocratique du Congo est celle d’un peuple éprouvé mais jamais vaincu, meurtri mais toujours debout », a déclaré Félix Tshisekedi.
Poursuivant son intervention, il a insisté sur la véritable portée de cette commémoration.
« Notre nation rassemble sa mémoire, sa douleur et son espérance. Elle ne le fait ni pour raviver les blessures, ni pour demeurer prisonnière du passé, encore moins pour se constituer un fonds de commerce, mais pour rétablir la vérité, rendre aux victimes la place qui leur revient dans notre histoire et préserver les générations futures du retour de l’innommable », a affirmé le Chef de l’État.

Évoquant les millions de victimes des guerres, des massacres, des violences sexuelles et des déplacements forcés, Félix Tshisekedi a rappelé que chaque victime représente bien plus qu’une statistique.
« Aucune de ces vies ne saurait être réduite à un chiffre. Derrière chacune d’elles, il y a un visage, une histoire, une famille, des rêves et une promesse d’amour. Chacune appartient désormais à la conscience de la Nation. Chacune nous oblige », a-t-il souligné.

Le Président de la République a ensuite expliqué que le devoir de mémoire constitue un rempart contre la répétition des violences.
« La mémoire n’est ni le culte du passé, ni l’entretien des deuils. Elle est une œuvre de vérité, une exigence de justice et un rempart contre le retour des atrocités », a-t-il soutenu.

Revenant sur la situation sécuritaire dans l’Est du pays, Félix Tshisekedi a dénoncé la poursuite de l’agression contre la République démocratique du Congo.
« La République démocratique du Congo reste confrontée à l’agression menée par le Rwanda et ses supplétifs, notamment l’AFC/M23. Cette entreprise meurtrière, fondée sur une logique de conquête et de prédation, viole notre souveraineté, menace notre intégrité territoriale et bafoue le droit du peuple congolais à vivre libre et en paix sur la terre de ses ancêtres », a déclaré le Président de la République.

Face aux survivants présents à la cérémonie, il a réaffirmé l’engagement de l’État à défendre leurs droits.
« Votre souffrance ne sera jamais reléguée à l’oubli. Votre dignité ne sera jamais négociée. Votre droit à la vérité, à la justice, à la réparation et à la sécurité sera défendu », a assuré Félix Tshisekedi.

Le Chef de l’État a également annoncé la poursuite de la concrétisation du Musée national du GENOCOST, présenté comme un futur centre de mémoire, de recherche et de transmission destiné aux générations futures.
« Le musée aura pour vocation de préserver les archives, les témoignages, les preuves matérielles et les travaux scientifiques relatifs aux crimes internationaux commis sur le territoire de notre pays. Il sera un lieu de recueillement pour les victimes et leurs familles, un centre de référence pour les chercheurs et un outil de transmission pour notre jeunesse », a expliqué le Président.

Abordant la question des réparations, Félix Tshisekedi a tenu à rappeler qu’elles relèvent d’un devoir de justice et non d’une faveur accordée aux victimes.
« Les réparations ne sont ni une faveur ni un acte de charité. Elles constituent une obligation de justice, une expression concrète de la solidarité nationale et une étape indispensable dans la restauration de la dignité des victimes », a martelé le Chef de l’État.

Il a, dans la même dynamique, appelé les représentations diplomatiques congolaises à défendre la mémoire des victimes sur la scène internationale.
« J’appelle nos missions diplomatiques et consulaires à porter, avec méthode et détermination, cette diplomatie de la mémoire, de la vérité et de la justice », a lancé Félix Tshisekedi.

En conclusion de son adresse, le Président de la République a plaidé pour une justice qui traite toutes les victimes avec la même considération.
« La justice ne peut se prétendre universelle si elle tolère une hiérarchie entre les victimes, les mémoires ou les souffrances. Elle ne devient véritablement universelle que lorsqu’elle reconnaît à chaque vie humaine la même dignité, à chaque victime le même droit à la vérité et à chaque peuple le même droit à la justice », a conclu Félix Tshisekedi.

La cérémonie s’est achevée par un moment de recueillement au Mémorial du GENOCOST. Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, et la Première Dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, ont déposé une gerbe de fleurs en hommage aux millions de victimes des conflits qui ont endeuillé la République démocratique du Congo.
Après l’hymne national et le silence devant les milliers des noms des victimes inscrits, le couple présidentiel, accompagné des autorités et des invités, a visité le mémorial retraçant les atrocités commises dans le pays.
Lydia Mangala


