Les travaux scientifiques de l’édition 2026 de la Journée internationale de la femme africaine (JIFA) se sont ouverts mercredi 29 juillet au Fleuve Congo Hôtel de Kinshasa, sous la présidence de la ministre du Genre, de la Famille et de l’Enfant, Micheline Ombae Kalama. Pendant quarante-huit heures, experts, universitaires, représentants des institutions publiques, partenaires techniques et financiers ainsi que membres de la société civile sont réunis pour réfléchir aux réponses à apporter aux défis persistants qui freinent l’épanouissement des femmes et des filles en République démocratique du Congo.
Placée sous le thème international « Femme africaine, droit, justice : actions pour un développement inclusif et durable » et le thème national « Droits garantis : autonomisation durable pour toutes les femmes et les filles en République démocratique du Congo », cette édition intervient dans un contexte marqué par les conséquences des conflits armés dans l’Est du pays, les inégalités de genre et les nombreux défis socio-économiques et humanitaires.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre Micheline Ombae a rappelé que la promotion des droits des femmes constitue un enjeu majeur pour l’avenir du pays.
« La promotion des droits des femmes n’est pas qu’un symbole, c’est un impératif de justice, un levier de paix et une condition de développement », a-t-elle déclaré.
La ministre a invité les participants à faire de ces deux journées un véritable laboratoire d’idées, capable de produire des solutions concrètes.
« Les deux journées qui s’ouvrent aujourd’hui doivent être mises à profit pour approfondir nos analyses, confronter nos expériences, partager les bonnes pratiques et identifier des solutions innovantes susceptibles de répondre efficacement aux défis persistants auxquels les femmes et les filles continuent d’être confrontées dans notre pays et sur l’ensemble du continent africain », a affirmé Micheline Ombae.

Soulignant le contexte particulier dans lequel la RDC célèbre cette édition de la JIFA, elle a insisté sur la nécessité de placer les femmes au cœur du relèvement des communautés affectées par les crises.
« C’est ici une occasion de renouveler notre engagement collectif en faveur de la paix, de la justice, de la cohésion sociale et du relèvement durable des communautés, avec les femmes comme actrices incontournables du développement », a-t-elle ajouté.
Outre les échanges théoriques, le Gouvernement attend des recommandations directement exploitables dans l’élaboration des politiques publiques.
« J’exhorte les panélistes et l’ensemble des participants à dépasser le stade des simples constats. L’objectif fixé est de produire des recommandations fortes, réalistes et capables d’influencer directement les décisions publiques ainsi que les futures orientations stratégiques du gouvernement », a insisté la ministre.

La première journée a été marquée par plusieurs panels de haut niveau consacrés à l’accès des femmes à la justice, à l’effectivité de leurs droits, à la lutte contre les violences basées sur le genre, à leur autonomisation économique ainsi qu’au renforcement du leadership féminin. Les intervenants ont également mis en avant le rôle de la Conférence internationale sur la Région des Grands Lacs (CIRGL) dans la promotion de la coopération régionale en faveur des droits des femmes.
Au fil des discussions, les experts ont plaidé pour une application plus effective des instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux, un meilleur accès des femmes aux opportunités économiques, une représentation accrue dans les instances de décision ainsi qu’un renforcement des mécanismes de prévention et de prise en charge des violences basées sur le genre.
Les participants ont convenu que l’autonomisation des femmes demeure un facteur essentiel de stabilité, de paix et de développement durable, tant en République démocratique du Congo que dans l’ensemble de la région des Grands Lacs.
En clôturant cette première journée, Micheline Ombae a salué l’engagement des partenaires techniques et financiers, des institutions publiques, du secteur privé et des organisations de la société civile qui accompagnent cette initiative.
Les travaux se poursuivent ce jeudi 30 juillet avec l’ambition d’aboutir à des recommandations opérationnelles destinées à renforcer durablement les droits, la justice et l’autonomisation des femmes et des filles en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


