Faire de chaque journaliste formé un véritable relais de l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité (JPS) dans sa rédaction. Telle est l’ambition portée par Anna-Jacquie Kitoga, Coordonnatrice du Secrétariat Technique National de la Résolution 2250 (STN-2250), lors de l’atelier de renforcement des capacités des professionnels des médias organisé mercredi 19 août à la salle de conférence Kimia/MONUSCO-UTEX, autour du module consacré au rôle du point focal média dans la pérennisation de cet agenda.
L’enjeu n’est plus seulement de sensibiliser les professionnels des médias à la Résolution 2250, mais de créer une dynamique éditoriale durable, capable de faire vivre les questions de participation, de visibilité et d’engagement des jeunes dans les médias congolais.

Pour Anna-Jacquie Kitoga, la formation constitue une étape vers la création d’un réseau de journalistes capables de travailler collectivement sur les questions liées à la jeunesse, à la paix et à la sécurité.
« Aujourd’hui, nous procédons à la formation des journalistes parce que nous voulons avoir un réseau de journalistes qui parlent de la Résolution 2250 », a-t-elle expliqué.
La Coordonnatrice du STN-2250 a notamment insisté sur la nécessité de donner davantage de visibilité aux jeunes et à leurs contributions aux processus de paix.
« Nous voulons avoir une coopération, une synergie des journalistes qui vont servir de proches recours d’un groupe de médias, qui vont porter également les actions des jeunes, qui vont travailler sur la participation et la visibilité des jeunes au travers des médias », a-t-elle souligné.

Cette approche place donc les journalistes au cœur de la mise en œuvre médiatique de l’agenda JPS. Ils ne sont plus uniquement appelés à couvrir les activités institutionnelles, mais à identifier, documenter et raconter les initiatives des jeunes qui contribuent à la paix et à la cohésion sociale.
L’un des principaux enseignements du module concerne le rôle du point focal média, appelé à devenir une véritable vigie de l’agenda JPS au sein de sa rédaction.
« Il est maintenant question que vous, en tant que journalistes présents ici, puissiez jouer un rôle de point focal dans votre média, de manière à ce que les questions de paix et sécurité, jeunesse, paix et sécurité, soient prises en compte dans votre ligne éditoriale », a affirmé Anna-Jacquie Kitoga.

Elle a précisé que cette responsabilité doit notamment permettre de mettre davantage en avant les initiatives et les actions des jeunes dans les choix éditoriaux quotidiens.
Pour elle, le point focal doit être capable de surveiller l’actualité liée à l’agenda JPS, d’identifier les textes, décisions, initiatives locales et opportunités susceptibles d’intéresser les rédactions.
« Nous devons surveiller l’actualité de l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité. Nous devenons comme des veilleurs des médias sur la question de l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité », a-t-elle détaillé.
Cette fonction de veille doit ensuite se traduire en propositions concrètes lors des conférences de rédaction. Le journaliste formé est ainsi appelé à défendre des angles JPS et à contribuer à leur intégration dans la programmation éditoriale de son média.
Le point focal doit également participer directement à la production journalistique. Reportages, portraits, enquêtes et contenus numériques constituent autant de formats permettant de rendre visibles les réalités vécues par les jeunes et leurs contributions à la paix.
« La troisième chose, c’est produire ou accompagner des reportages, des portraits, des enquêtes, des contenus numériques Jeunesse, Paix et Sécurité », a-t-elle énuméré.

Elle a encouragé les journalistes à s’appuyer sur des informations fiables et des références solides.
Pour Anna-Jacquie Kitoga, cette production médiatique doit permettre de dépasser une communication essentiellement institutionnelle. Les journalistes disposent désormais d’un rôle important dans la documentation des initiatives et dans leur diffusion auprès du grand public.
« Nous pouvons être, nous-mêmes déjà, des agents de production des éléments qui peuvent être consommés », a-t-elle estimé.
Elle a ainsi invité les professionnels à devenir des producteurs actifs de contenus autour de l’agenda JPS.
Une responsabilité essentielle du point focal est d’outiller les autres journalistes de sa rédaction. La pérennisation de l’agenda JPS ne peut, selon elle, dépendre d’une seule personne formée.
« Ce que nous avons aujourd’hui comme formation, nous devons continuer d’abord nous-mêmes à approfondir notre formation, mais également à former quelqu’un d’autre dans notre milieu », a-t-elle recommandé.

Cette logique de transmission doit permettre d’assurer une relève lorsque le journaliste change de média, évolue professionnellement ou devient indisponible. L’objectif est donc de créer progressivement une compétence collective au sein des rédactions.
« Au cas où nous changeons de maison, la personne peut jouer la relève pour ne pas perdre les ressources », a-t-elle martelé.
Elle a souligné l’importance de ne pas laisser disparaître les acquis de la formation avec le départ d’un seul professionnel.
Pour la Coordonnatrice du STN-2250, les médias occupent une position stratégique dans la circulation de l’information et dans la visibilité des initiatives liées à l’agenda JPS.
« Vous êtes les ponts entre nous et vos médias sur la question de l’agenda Jeunesse, Paix et Sécurité », a-t-elle rappelé, mettant en avant la responsabilité particulière des journalistes formés.

Cette position de relais doit notamment permettre de faire connaître les actions du Secrétariat Technique National, mais aussi de faciliter la rencontre entre les institutions, les organisations de jeunesse et les communautés.
Car, au-delà de la couverture médiatique, l’enjeu est de construire un réseau professionnel capable de travailler dans la durée. La formation entend ainsi jeter les bases d’une communauté de journalistes engagés autour des questions de jeunesse, de paix et de sécurité.
À l’issue de la formation, l’ambition est de maintenir cette dynamique à travers un cadre d’échange entre les professionnels formés. Un groupe de journalistes doit notamment permettre de partager les documents, les ressources et les réflexions nécessaires à la mise en œuvre d’une feuille de route commune.
« Nous allons mettre en place un groupe. Ce groupe va être géré par les journalistes », a annoncé Anna-Jacquie Kitoga.

Elle a précisé que cet espace servira également à poursuivre les échanges et à réfléchir aux prochaines actions à mener.
Cette démarche poursuivi ambitionne de faire passer l’agenda JPS de la salle de formation aux salles de rédaction, puis des salles de rédaction à l’espace public.
Pour le STN-2250, la réussite de cette dynamique dépendra désormais de la capacité des journalistes à intégrer ces enjeux dans leur travail quotidien, à produire des contenus de qualité et à maintenir la visibilité des jeunes comme acteurs de paix.

L’objectif, au fond, est de faire du média non seulement un espace où l’on parle de la jeunesse, mais un véritable levier permettant aux jeunes d’être entendus, visibles et considérés comme des acteurs à part entière de la paix et de la sécurité en RDC.
Lydia Mangala


