La situation épidémiologique liée à Ebola reste préoccupante en République démocratique du Congo, alors que la riposte se poursuit dans plusieurs provinces du pays. Selon le rapport de situation publié le vendredi 14 août 2026 et couvrant les données arrêtées au 13 août, 62 nouveaux cas ont été confirmés au cours des dernières 24 heures dans quatre provinces.
Les données communiquées par l’Institut national de santé publique (INSP) montrent que six provinces sont actuellement touchées, à savoir l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo, pour un total de 55 zones de santé concernées.
Le rapport fait état de 4 727 cas confirmés cumulés pour les cinq provinces prises en compte dans cet indicateur. Parmi eux, 749 patients sont actuellement en isolement ou hospitalisés, tandis que 976 personnes ont été déclarées guéries.
Le bilan fait également ressortir 2 214 décès parmi les cas confirmés, correspondant à un taux de létalité global de 46,8 %.
Les autorités sanitaires précisent toutefois que ces chiffres restent évolutifs et peuvent être ajustés après la consolidation, la validation et l’harmonisation des données provenant des provinces et des différents piliers de la riposte.
L’Ituri concentre une part importante des zones de santé affectées, avec 28 zones sur 36 rapportant des cas ou des activités liées à la riposte. Le Nord-Kivu compte pour sa part 12 zones de santé touchées sur 34, tandis que le Haut-Uélé en compte six sur 13.
La Tshopo est également concernée avec sept zones de santé sur 23. Le Bas-Uélé compte une zone affectée, Buta, tandis que le Sud-Kivu ne rapporte actuellement qu’une zone de santé touchée, Miti-Murhesa, qui totalise 77 jours sans nouveau cas confirmé.
Malgré l’évolution préoccupante de l’épidémie, certains indicateurs témoignent également de résultats encourageants dans la prise en charge.
Onze patients ont été déclarés guéris en Ituri après avoir obtenu deux résultats négatifs. Pour les équipes de riposte, ces guérisons illustrent l’importance du dépistage, de l’orientation rapide des personnes suspectes et de leur prise en charge dans les structures sanitaires appropriées.
La surveillance au niveau des communautés reste également au centre de la stratégie de riposte. 1 679 alertes ont été enregistrées dans les provinces ayant rapporté leurs données, dont 97,1 % ont été vérifiées.
Par ailleurs, 94,5 % des cas suspects validés ont fait l’objet d’une investigation, permettant aux équipes sanitaires de rechercher rapidement les éventuels cas et de limiter les risques de transmission.
Le suivi des contacts constitue également un élément essentiel du dispositif. Le taux global atteint actuellement 82,6 %, se rapprochant de l’objectif fixé à 85 %.
Face à la circulation du virus, les autorités sanitaires insistent sur la nécessité de renforcer la collaboration avec les communautés, l’acceptation du dépistage et l’accès à une information fiable.
La riposte ne repose donc pas uniquement sur les structures médicales. La détection précoce des alertes, le suivi des personnes ayant été en contact avec les cas, l’orientation rapide vers les centres de prise en charge et la diffusion de messages fiables constituent autant de leviers pour freiner la propagation.
Alors que 62 nouveaux cas ont encore été confirmés en une seule journée, la situation demeure sous surveillance étroite. Les autorités sanitaires appellent ainsi à maintenir la vigilance et la mobilisation dans les zones affectées afin de renforcer la détection, améliorer la prise en charge et réduire progressivement la transmission du virus.
Lydia Mangala


