Dans le cadre du Forum national de la jeune fille, Christenvie Melly, vice-présidente chargée du genre au sein du Conseil national de la jeunesse (CNJ-RDC), a présenté les initiatives menées en faveur des jeunes filles, notamment dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive.
Elle a également dévoilé les grandes orientations de la feuille de route issue des échanges du forum, avec pour ambition de renforcer leur protection, leur participation aux processus de paix et leur accès aux opportunités.
Sensibiliser les jeunes filles à la santé sexuelle et reproductive
Sur la question de l’accès à l’information et aux services de santé sexuelle et reproductive, Christenvie Melly a annoncé le lancement, trois semaines avant le forum, d’un appel à financement destiné aux structures de jeunes. Soutenue par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), cette initiative vise à financer des projets de sensibilisation sur les grossesses précoces.
Elle a précisé que dix structures seraient retenues pour la première phase et invité les jeunes filles présentes à rejoindre des associations afin de bénéficier davantage des programmes et des opportunités proposés.

« Nous avons lancé l’offre de financement de structures de jeunes pour des actions de sensibilisation sur les grossesses précoces », a-t-elle expliqué.
Elle a précisé que les structures sélectionnées devraient recevoir prochainement les financements nécessaires à la mise en œuvre de leurs activités.
La vice-présidente du CNJ a également salué l’accompagnement de l’UNFPA dans les actions liées à la santé sexuelle et reproductive, ainsi que celui d’ONU Femmes pour l’organisation du forum et les échanges autour de la participation des jeunes femmes aux questions de paix et de cohésion nationale.
Une feuille de route autour de la protection, de la paix et de l’autonomisation
Dans la présentation de la feuille de route marquant la clôture du forum, Christenvie Melly a rappelé que ce document est issu des réalités vécues par les jeunes filles, particulièrement dans un contexte marqué par l’insécurité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Elle a évoqué les déplacements forcés, les violences basées sur le genre, les ruptures de scolarité et les atteintes à la dignité auxquelles de nombreuses jeunes filles sont confrontées.
« La feuille de route que je présente aujourd’hui n’est pas née d’un contexte abstrait. Elle est née des réalités des vies de jeunes filles », a-t-elle souligné.

Face à ces défis, elle a insisté sur le rôle de la cohésion nationale, qu’elle considère comme un levier essentiel pour dépasser les divisions et renforcer la solidarité entre les communautés.
« La cohésion nationale nous permet de transcender les tribalismes. La cohésion nationale nous permet de voir un Muluba, un Mukongo, un Mungala comme mon frère », a-t-elle déclaré, appelant à ne pas réduire les souffrances liées aux conflits à une seule communauté ou à une seule région du pays.

La feuille de route s’articule autour de plusieurs priorités, notamment la protection et la promotion des droits de la jeune fille, sa participation aux processus de paix et de sécurité, ainsi que son autonomisation économique et son accès aux opportunités.
Sur la participation des jeunes filles à la paix, Christenvie Melly a rappelé que celles qui vivent les conséquences des conflits doivent également prendre part aux décisions concernant leur avenir.
« Nul ne connaît la valeur de la paix que la jeune fille qui est en train de vivre la guerre », a-t-elle affirmé, estimant que leur expérience doit être prise en compte dans les mécanismes de prévention et de résolution des conflits.
Faire de l’autonomisation une condition d’une paix durable
La vice-présidente chargée du genre au CNJ-RDC a également placé l’autonomisation économique au cœur des engagements proposés. Pour elle, la construction de la paix nécessite des actions concrètes en faveur de l’éducation, de la formation professionnelle, du numérique et de l’entrepreneuriat.
« La paix ne se construit pas seulement avec des armes et des dossiers, mais avec des estomacs nourris, des esprits formés et des avenirs ouverts », a-t-elle lancé.

Avec cette feuille de route, les recommandations formulées par les jeunes filles au cours du forum doivent être portées auprès des autorités compétentes, notamment les ministères concernés et les institutions nationales.
L’objectif est de faire de leurs préoccupations des pistes d’action concrètes, afin que leur protection, leur participation à la paix et leur autonomisation occupent une place effective dans les politiques et initiatives qui les concernent.
Lydia Mangala


