Les Clubs de Veille Citoyenne (CVC) passent de la phase de préparation à la mise en œuvre dans les établissements scolaires. Les activités de ces espaces dédiés à l’éducation citoyenne ont été officiellement lancées mardi 15 septembre 2026 dans la province éducationnelle Haut-Katanga 1, à travers la sous-division Likasi 1, sous la conduite du directeur provincial Joseph Mwinkeu.
Cette initiative entre parmi les priorités du ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté pour l’année scolaire 2026-2027. À travers ces clubs, le ministère entend offrir aux élèves un cadre où le patriotisme, le respect du bien commun, la responsabilité, l’engagement communautaire et les valeurs républicaines ne restent pas de simples notions, mais se traduisent en comportements et en actions concrètes.
Le lancement dans le Haut-Katanga intervient après plusieurs mois de préparation. En juin dernier, le ministère avait organisé à Kinshasa un atelier consacré à l’élaboration des outils pédagogiques d’animation et de suivi-évaluation des CVC dans les écoles primaires et secondaires.
Pendant quatorze jours, experts, inspecteurs et spécialistes de l’éducation avaient travaillé à la conception de modules, fiches pédagogiques, canevas d’animation et instruments de suivi destinés à accompagner les établissements dans la mise en œuvre des clubs.
L’objectif était notamment de disposer d’outils suffisamment simples et pratiques pour permettre aux élèves de passer de la réflexion à l’action.
« La Nouvelle Citoyenneté ne peut pas rester un principe général. Elle doit entrer dans la vie quotidienne des établissements scolaires », avait déclaré la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu Dinanga.
Selon elle, les CVC doivent constituer des espaces d’expression, de réflexion et d’action, capables de transformer progressivement les valeurs enseignées en engagements concrets.
Les thématiques retenues couvrent plusieurs dimensions de la vie citoyenne. Elles portent notamment sur le patriotisme, la paix, l’unité nationale, la citoyenneté numérique, la protection de l’environnement, l’inclusion, les gestes de premiers secours, l’engagement communautaire et l’entrepreneuriat.
Le ministère insiste toutefois sur l’adaptation des contenus à l’âge des apprenants. Les séances doivent être compréhensibles et déboucher, autant que possible, sur des initiatives au sein des écoles ou dans les communautés.
« Votre mission est précise. Vous devrez produire des fiches, des modules, des canevas et des instruments de suivi adaptés aux niveaux primaire et secondaire », avait insisté Raïssa Malu Dinanga, appelant à éviter les documents trop théoriques ou difficiles à appliquer.
L’enjeu est également de pouvoir mesurer la participation des élèves, les actions réalisées et les éventuels changements de comportement.

La mémoire du Génocost occupe une place particulière dans cette démarche. Le ministère veut notamment permettre aux élèves de mieux connaître l’histoire récente de la RDC, tout en développant une culture de paix et de rejet de la violence.
Cette orientation bénéficie de l’accompagnement de la Commission interinstitutionnelle d’aide aux victimes et d’appui aux réformes (CIA-VAR), qui considère les CVC comme un moyen d’ancrer durablement la mémoire collective et les valeurs citoyennes dans le quotidien scolaire.
Pour la CIA-VAR, les clubs ne doivent pas être perçus comme des structures de contrôle ou comme des mécanismes disciplinaires supplémentaires.
La démarche est également présentée comme un moyen de préparer les jeunes générations à mieux comprendre les conséquences des violences qui ont marqué la RDC.
Les séquelles laissées par plusieurs décennies de conflits armés et de violences sur les populations et la mémoire collective. Dans ce contexte, la transmission de la mémoire est considérée comme un levier d’éducation à la paix. Le travail de mémoire ne devrait pas relever uniquement de la justice ou de la diplomatie, mais également de l’éducation.
Le lancement des CVC dans le Haut-Katanga 1 s’inscrit dans une démarche engagée depuis mai 2026. Du 9 au 16 mai, un atelier de formation des formateurs centraux du ministère avait déjà été organisé à Kinshasa avec l’appui de la CIA-VAR et du FONAREV.
Les participants avaient notamment approfondi les questions liées à la justice transitionnelle, au récit du Génocost et au plaidoyer pour sa reconnaissance. Les travaux avaient également porté sur l’intégration de ce narratif dans les programmes de l’enseignement primaire et secondaire.
Avec le démarrage effectif des activités des Clubs de Veille Citoyenne, le ministère entend désormais faire passer cette démarche de la conception des outils à leur utilisation dans les établissements scolaires. L’objectif affiché est de faire de l’école un espace où les élèves apprennent non seulement des connaissances, mais aussi à exercer leur citoyenneté, protéger le bien commun et participer à la vie de leur communauté.
Lydia Mangala


