La députée nationale Christelle Vuanga entend renforcer la protection des victimes de la diffusion non consentie de vidéos ou d’images à caractère intime en République démocratique du Congo. À l’occasion de la rentrée parlementaire, l’élue prévoit de déposer une proposition de loi à l’Assemblée nationale afin de mieux encadrer ces pratiques à l’ère du numérique.
Cette initiative vise à modifier et à compléter certaines dispositions du Code pénal congolais et du Code du numérique, pour tenir compte des nouvelles formes de violences facilitées par les réseaux sociaux.
Selon la proposition, les auteurs de la diffusion non consentie d’images intimes pourraient être condamnés à des peines allant de 5 à 10 ans d’emprisonnement, en plus d’amendes. Des sanctions plus lourdes pourraient être appliquées lorsque les faits sont accompagnés de chantage, d’humiliation ou de harcèlement, lorsqu’ils concernent un mineur ou lorsqu’ils sont commis à grande échelle.

« Une vidéo envoyée en privé ne devient pas un bien public »
À travers cette démarche, Christelle Vuanga souhaite réaffirmer le principe du respect du consentement et de la vie privée dans l’espace numérique.
« Une vidéo intime envoyée en privé ne devient pas un bien public. Le consentement à être filmé n’est pas un consentement à être exposé. »
La députée rappelle que la diffusion de tels contenus peut porter durablement atteinte à la réputation, à la vie familiale, à la carrière et à la dignité des victimes.
La proposition de loi entend engager la responsabilité non seulement des personnes qui produisent ou publient ces contenus, mais aussi de celles qui les partagent ou les rediffusent sans l’accord de la personne concernée.
Christelle Vuanga veut adapter la loi aux réalités du numérique
Pour la députée, la RDC doit adapter son arsenal juridique aux nouvelles formes de violences qui se développent sur les plateformes numériques. Plusieurs pays ont déjà renforcé leur législation afin de lutter contre la diffusion non consentie d’images intimes.
L’objectif est de garantir une meilleure protection de l’intimité, de la dignité et de la vie privée des citoyens, y compris dans l’espace numérique.
Cette initiative intervient également à l’approche des 16 jours d’activisme contre les violences faites aux femmes et aux filles. Une période qui pourrait contribuer à sensibiliser davantage l’opinion publique aux violences numériques et à leurs conséquences souvent lourdes pour les victimes.
À travers cette proposition, Christelle Vuanga défend un principe clair : l’intimité d’une personne ne peut être considérée comme un contenu librement partageable, et sa dignité ne saurait être négociable.
Joséphine Mawete


