À l’occasion de Novembre Bleu, le docteur Jean-Jacques Mbungani lance un appel à la sensibilisation et au dépistage précoce du cancer de la prostate. Il invite notamment les élus à s’impliquer dans la lutte contre cette maladie, encore trop souvent diagnostiquée tardivement en République démocratique du Congo.
Le cancer de la prostate demeure un enjeu majeur de santé publique en République démocratique du Congo. À l’occasion de Novembre Bleu, mois consacré à la sensibilisation sur les cancers masculins, le docteur Jean-Jacques Mbungani appelle les hommes à briser les tabous autour de cette maladie et à faire du dépistage précoce une priorité.
Dans une tribune consacrée à cette problématique, il rappelle que le cancer de la prostate figure parmi les cancers les plus fréquents chez les hommes, particulièrement après 50 ans. Pourtant, en RDC, de nombreux cas sont encore diagnostiqués à un stade avancé, notamment en raison du manque d’information, des difficultés d’accès aux structures de dépistage et des pesanteurs socioculturelles.
Pour le docteur Mbungani, le silence qui entoure cette maladie constitue l’un des principaux obstacles à sa prise en charge. Dans plusieurs familles congolaises, explique-t-il, les problèmes liés à la prostate restent des sujets difficiles à aborder, conduisant certains hommes à consulter tardivement.
Des signes d’alerte à ne pas négliger
Difficultés à uriner, envies fréquentes d’uriner durant la nuit, diminution de la force du jet urinaire ou présence de sang dans les urines et le sperme : autant de manifestations qui nécessitent une consultation médicale.
Le médecin souligne également l’importance des examens de dépistage, notamment le dosage du PSA, réalisé par une prise de sang, ainsi que l’examen clinique. Il insiste particulièrement sur la nécessité de sensibiliser les populations vivant dans les zones éloignées des grands centres urbains, où l’accès à l’information et aux services de santé demeure limité.
Les élus appelés à s’engager dans la sensibilisation
Au-delà de la responsabilité individuelle, Jean-Jacques Mbungani interpelle la classe politique et particulièrement les élus nationaux et provinciaux, les bourgmestres ainsi que les autres responsables de proximité.
Convaincu de leur capacité à mobiliser les communautés, il les invite à organiser, dans leurs circonscriptions respectives, des séances de sensibilisation consacrées à la santé masculine.
Son appel vise notamment les hommes de plus de 45 ans, avec une attention particulière pour ceux ayant des antécédents familiaux de cancer de la prostate.
Trois priorités pour renforcer la lutte
Pour rendre cette sensibilisation plus efficace, le docteur Mbungani préconise trois axes d’intervention.
Il plaide d’abord pour une vulgarisation accrue de l’information sur le cancer de la prostate, à travers les églises, les associations, les rencontres communautaires et les activités sportives.
Il recommande ensuite de renforcer l’accessibilité au dépistage, en encourageant le Centre national de lutte contre le cancer (CNLC) et le ministère de la Santé à déployer des unités mobiles de sensibilisation et de dépistage dans les zones reculées, tout en facilitant l’accès au test PSA dans les hôpitaux généraux de référence.
Enfin, il estime indispensable de renforcer les capacités des professionnels de santé en province afin d’améliorer l’identification des signes d’alerte et l’orientation des patients vers une prise en charge appropriée.
« Parler de sa prostate, ce n’est pas perdre sa virilité »
Dans son message, Jean-Jacques Mbungani déconstruit également les préjugés qui associent les problèmes de prostate à une prétendue perte de virilité. Pour lui, prendre soin de sa santé masculine relève avant tout d’une démarche de responsabilité envers soi-même et ses proches.
« Parler de ma prostate, ce n’est pas perdre ma virilité, c’est protéger ma vie pour rester auprès des miens », souligne-t-il.
À travers cet appel, le docteur Jean-Jacques Mbungani invite les hommes à dépasser la peur et la pudeur, à consulter les professionnels de santé et à encourager leur entourage à faire de même.
Un message qui rappelle que la lutte contre le cancer de la prostate ne peut se limiter à un mois de sensibilisation, mais doit s’inscrire dans une véritable politique de prévention et d’accès équitable aux soins en RDC.
Joséphine Mawete


