Kinshasa, 9 octobre 2026 – Au lendemain de son lancement officiel par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka, la 12ᵉ édition du Forum international des élites féminines (FIEF-RDC 2026) poursuit ses travaux à Kinshasa, avec un accent particulier sur le cadre juridique de protection des droits des femmes, les avancées législatives en République démocratique du Congo (RDC), le leadership féminin et le partage d’expériences entre pays africains.
Cette deuxième journée s’inscrit dans la dynamique impulsée lors de la cérémonie d’ouverture organisée le jeudi 8 octobre au Chapiteau du Palais du Peuple, sous le haut patronage de la cheffe du gouvernement congolais. Pour la première fois, la RDC accueille ce rendez-vous panafricain consacré à la promotion du leadership et à l’autonomisation des femmes et des jeunes filles.
Durant quatre jours, le forum réunit des participantes et participants venus des différentes provinces de la RDC et de plusieurs pays africains, autour des enjeux liés notamment aux droits des femmes, à l’entrepreneuriat féminin, à l’inclusion numérique, à la lutte contre les violences basées sur le genre et à la participation des femmes aux processus de décision.
Les droits des femmes et les avancées législatives au centre des échanges
Pour cette deuxième journée, les discussions portent notamment sur le cadre juridique de protection des droits des femmes en Afrique. L’objectif est de nourrir la réflexion sur les instruments juridiques existants, leur portée et les défis liés à leur mise en œuvre effective, dans un contexte où les inégalités et les violences basées sur le genre continuent de freiner l’épanouissement de nombreuses femmes et filles.
En RDC, les échanges s’intéressent également à l’histoire de la révision du Code de la famille, ainsi qu’au processus ayant conduit à l’inscription du principe de la parité dans la Constitution. Ces thématiques permettent de revenir sur les évolutions du cadre légal congolais en matière de droits des femmes et de participation à la vie publique.
Au-delà des textes, la question demeure celle de leur application concrète. L’accès à la justice, la protection contre les discriminations et la représentation des femmes dans les institutions figurent parmi les enjeux qui interpellent les pouvoirs publics, les organisations de la société civile et les acteurs engagés dans la promotion de l’égalité.
Des expertes et universitaires mobilisés pour faire avancer le débat
Plusieurs personnalités interviennent au cours de ces travaux, parmi lesquelles Rose Mutombo, Georgette Biebie et Gisèle Kapinga, ainsi que les professeurs Ngoma Binda et François Elika.
Leurs contributions alimentent les réflexions autour des droits des femmes, des mécanismes juridiques de protection, de la consolidation du leadership féminin et des stratégies susceptibles de renforcer la participation des femmes au développement politique, économique et social.
La diversité des profils réunis témoigne de la volonté du FIEF de favoriser la confrontation des expériences et des analyses, en rapprochant les milieux institutionnels, universitaires et associatifs.
Les échanges mettent ainsi en perspective les progrès accomplis, tout en soulignant la nécessité de consolider les acquis et de promouvoir des mécanismes capables de transformer les engagements en avancées tangibles pour les femmes et les jeunes filles.
La coopération Sud-Sud pour accélérer l’autonomisation des femmes
Autre axe majeur de cette deuxième journée : les échanges Sud-Sud consacrés au partage des meilleures pratiques en matière d’autonomisation des femmes.
Cette approche vise à encourager la circulation des expériences entre pays africains, afin d’identifier des initiatives reproductibles dans différents contextes nationaux. Les discussions ouvrent ainsi des perspectives de coopération entre institutions, organisations féminines, expertes et réseaux de leadership.
Lors de l’ouverture du forum, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka avait insisté sur l’importance de rapprocher les expériences, de renforcer les compétences et de faire émerger des partenariats capables de produire des résultats concrets.
Elle avait également appelé à assurer un suivi des recommandations issues des travaux, afin que les collaborations nouées à Kinshasa puissent se poursuivre au-delà du forum.
Cette orientation rejoint l’ambition des organisateurs : faire du FIEF un espace de dialogue, de renforcement des capacités, de réseautage et de plaidoyer en faveur des femmes africaines.
De la réflexion à l’action
Après le lancement officiel du 8 octobre, cette deuxième journée marque une nouvelle étape dans les réflexions engagées à Kinshasa. Les discussions sur les droits, la parité et le leadership féminin rappellent que l’autonomisation des femmes ne peut se limiter à des déclarations de principe : elle suppose des cadres juridiques effectifs, des opportunités économiques accessibles et une participation accrue aux espaces de décision.
En accueillant cette 12ᵉ édition du Forum international des élites féminines, la RDC entend contribuer à une dynamique continentale de partage d’expériences et de construction de solutions en faveur de l’égalité.
L’enjeu est désormais de faire émerger, au terme des quatre jours de travaux, des recommandations et des partenariats susceptibles de prolonger les échanges par des initiatives concrètes, au bénéfice des femmes et des jeunes filles en RDC et sur l’ensemble du continent africain.
Joséphine Mawete


