Le crash aérien survenu le vendredi 25 septembre à Kenge, dans la province du Kwango, a fait 17 morts, selon le bilan communiqué par les autorités provinciales. Outre l’émotion suscitée par cette tragédie, le drame ravive également les interrogations sur l’état des infrastructures et les perspectives de développement de cette province du Sud-Ouest de la RDC.
Dans une vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, Rachel Kitsita, journaliste et directrice générale d’Actu30 TV, elle-même ressortissante du Kwango, a choisi de porter cette question dans le débat public. Pour elle, le drame de Kenge doit aussi être l’occasion de regarder les réalités structurelles auxquelles la province reste confrontée.
Évoquant la disparition de 17 compatriotes, parmi lesquels deux généraux des FARDC, Rachel Kitsita estime que cette tragédie remet en lumière la place du Kwango dans la dynamique de développement du pays.
« Aujourd’hui, la question du développement du Quango est remise en surface. Mais posons-nous la question, le Kwango représente quoi aujourd’hui sur la balance de développement de nos provinces ? », s’interroge-t-elle.
Son intervention s’inscrit dans un contexte où les besoins en infrastructures restent importants. En août 2025, une enquête d’Actualite.cd faisait déjà état de difficultés persistantes dans les domaines de l’électricité, de l’eau potable, des routes et des infrastructures sanitaires au Kwango.
Dans sa prise de parole, la journaliste dénonce une forte dépendance de la province vis-à-vis de la capitale, malgré sa proximité géographique avec Kinshasa.
« Le Kwango est dépendant à 100% de la capitale Kinshasa, alors qu’elle se retrouve à moins de 270 km de la ville de Kinshasa capitale », affirme-t-elle.
Elle estime que cette situation devrait pousser les ressortissants de la province, particulièrement les jeunes, à se mobiliser autour de projets structurants capables de transformer durablement leur environnement.
Rachel Kitsita met particulièrement l’accent sur les infrastructures de base, qu’elle considère comme indispensables au développement économique et social du Kwango.
« Comprenez que sur tout l’ensemble de la province, nous n’avons qu’à peu près 4 km de routes asphaltées jusqu’à aujourd’hui. Pas d’eau, pas de courant électrique », déplore-t-elle.
Ce chiffre doit toutefois être mis en perspective avec d’autres données disponibles. Une enquête publiée en 2025 évoquait environ cinq kilomètres de routes asphaltées dans la province, hors RN1, tandis que l’OVDA indiquait en juillet 2026 avoir entretenu 297 kilomètres de routes de desserte agricole dans les cinq territoires du Kwango.
Par ailleurs, les travaux du nouveau pont Kwango, long de 283 mètres, ont été lancés début septembre 2026 sur la RN1, un projet présenté comme visant notamment à renforcer la mobilité entre les provinces.
Rachel Kitsita adresse également un message aux jeunes du Kwango. Elle les invite à prendre une part active dans la réflexion et la construction de l’avenir de leur province.
« Aux jeunes, réveillez-vous. Il est temps maintenant de prêter main forte, de nous unir, de parler une seule voix. Les jeunes, prenez à bras le corps le développement de notre province », lance-t-elle.
Pour la journaliste, cette mobilisation doit notamment passer par la formulation de projets concrets et structurants.
« Si hier, ils n’ont pas pu, aujourd’hui, c’est à nous de nous lever et de nous battre pour faire entendre notre voix. Et de mettre sur table des vrais projets, des projets capables de pouvoir remettre la province sur le rail », insiste-t-elle.
Alors que les enquêtes sur le crash de Kenge se poursuivent pour établir les circonstances et les causes de l’accident, le drame ouvre ainsi un autre espace de débat sur les conditions de développement de la province.
Pour Rachel Kitsita, il s’agit désormais de poser la question des infrastructures, de l’autonomie économique et des opportunités offertes à la jeunesse, afin que le Kwango puisse davantage inscrire son développement dans une dynamique durable.
Lydia Mangala


