Le Président de la République, Félix Tshisekedi, a officiellement lancé, ce mardi 30 juin 2026 au Palais de la Nation à Kinshasa, le Programme présidentiel pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, baptisé « Debout Jeunes Congolais », une initiative dotée d’un budget global de 1,3 milliard de dollars américains sur six ans et destinée à créer des millions d’emplois à l’horizon 2032.
Placée sous le thème « Le mérite par le travail, la patrie par l’entreprise », cette initiative a été dévoilée à l’occasion du 66ᵉ anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo.
Pour le Chef de l’État, ce programme constitue une nouvelle étape dans la construction de la souveraineté nationale, après l’indépendance politique acquise en 1960.
« Le lancement du programme présidentiel pour l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes, Debout Jeunes Congolais, en ce jour hautement symbolique, n’est pas un hasard de calendrier. Il traduit une conviction forte : après le combat pour l’indépendance politique, notre génération doit mener le combat pour l’indépendance économique », a déclaré Félix Tshisekedi.
Le Président a souligné que cette souveraineté économique doit reposer sur le travail, la production locale, l’emploi productif et l’entrepreneuriat congolais.
« Le 30 juin 1960, notre peuple a affirmé son droit à la liberté, à la dignité et à la souveraineté. Aujourd’hui, il nous revient de donner à cette souveraineté une profondeur nouvelle, celle de l’indépendance économique », a-t-il affirmé.

Le programme est issu des recommandations de la Table ronde nationale sur l’emploi et l’entrepreneuriat des jeunes organisée en novembre 2025 à Kinshasa. Selon le Chef de l’État, il résulte d’une démarche participative impliquant l’ensemble des forces vives du pays.
« Ce programme n’est pas né d’une décision isolée ni d’une réflexion conduite à huis clos. Il est le fruit d’un processus participatif et inclusif, voulu pour partir des réalités vécues par notre jeunesse jusqu’aux solutions proposées par l’ensemble des forces vives de la nation », a-t-il expliqué.
Le premier pilier du programme concerne la formation professionnelle. Le Président a annoncé le renforcement des écoles des métiers, le développement des centres de formation professionnelle ainsi que la promotion de l’apprentissage, de l’alternance, des stages et des filières techniques.
L’objectif, a-t-il précisé, est d’adapter les compétences des jeunes aux besoins des secteurs stratégiques tels que l’agriculture, l’agro-industrie, les mines, l’énergie, le numérique, l’industrie, les infrastructures, l’économie verte et l’économie créative.
Le deuxième axe porte sur le développement de l’entrepreneuriat. À ce titre, le Chef de l’État a annoncé l’opérationnalisation du Concours national des plans d’affaires simplifiés (CONAPAS), destiné à identifier, financer et accompagner des projets innovants à travers toutes les provinces du pays.
« L’entrepreneuriat doit devenir, pour la jeunesse congolaise, une voie normale, accessible et valorisée, et non une aventure réservée à quelques privilégiés », a insisté Félix Tshisekedi.

Le Président souhaite transformer les circonscriptions électorales en véritables pôles entrepreneuriaux capables de générer des emplois et de valoriser les chaînes de production locales.
« L’enjeu est clair : faire émerger dans chaque province une nouvelle génération d’entrepreneurs capables de créer, de produire, d’embaucher et de réussir dans leur propre territoire, sans être contraints de le quitter pour espérer bâtir leur avenir ailleurs », a-t-il déclaré.
Le troisième pilier concerne l’accès à l’emploi et l’égalité des chances. Le Chef de l’État a insisté sur le caractère inclusif du programme, qui devra bénéficier à toutes les catégories de jeunes, sans distinction.
« Il doit atteindre les jeunes femmes, les jeunes vivant avec handicap, les personnes atteintes d’albinisme, les peuples autochtones pygmées, les jeunes des milieux ruraux, les jeunes déplacés, les jeunes sortant de situations de vulnérabilité, ainsi que les jeunes des zones affectées par les conflits », a-t-il affirmé.
Le coût global du programme est estimé à 1,3 milliard de dollars américains sur six ans. Une première enveloppe de 50 millions de dollars a déjà été inscrite au collectif budgétaire 2026 pour permettre son démarrage effectif.
« Ces chiffres ne sont pas de simples données budgétaires. Ils engagent l’État, le gouvernement et l’ensemble des institutions appelées à intervenir dans la mise en œuvre du programme. Ils nous obligent à la rigueur, à la transparence et aux résultats », a souligné le Président de la République.

Le Chef de l’État a chargé la Primature d’assurer la coordination interinstitutionnelle afin que chaque ministère concerné dispose d’objectifs précis, de budgets sécurisés et d’indicateurs de performance clairement définis.
Il a également appelé les provinces à s’impliquer pleinement dans la mise en œuvre du programme en identifiant leurs filières porteuses, leurs bassins d’emploi et leurs besoins spécifiques en formation.
Enfin, Félix Tshisekedi a exhorté le secteur privé et les institutions financières à accompagner cette dynamique en facilitant les stages, l’apprentissage, le mentorat et l’accès au financement des jeunes entrepreneurs.
« Le manque de garantie ne doit plus être un mur infranchissable pour les jeunes entrepreneurs. Il faut des mécanismes adaptés à leur réalité, sans jamais renoncer à la rigueur, à la traçabilité et à la responsabilité », a conclu le Chef de l’État.
Les autorités congolaises entendent ainsi faire de la jeunesse un levier central du développement national et de la transformation économique du pays.
La réussite de cette initiative reposera notamment sur l’implication coordonnée de l’État, des provinces, du secteur privé, des partenaires techniques et financiers ainsi que des jeunes eux-mêmes, appelés à devenir les principaux acteurs de cette nouvelle dynamique de création d’emplois et d’entrepreneuriat en République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


