La circulation routière devient de plus en plus éprouvante à Kinshasa. Depuis l’entrée en vigueur, le 2 novembre 2026, de la fermeture temporaire d’un tronçon de l’avenue Mondjiba pour des travaux de réhabilitation, les usagers de la route dénoncent une situation devenue difficilement supportable. Sur les réseaux sociaux, les réactions se multiplient, entre indignation, inquiétudes et appels à une meilleure organisation des travaux.
Dans un communiqué, le gouvernement provincial de Kinshasa, à travers le ministère provincial des Infrastructures, Travaux publics, Affaires foncières, Urbanisme et Habitat, a annoncé la fermeture, pour une durée de trente jours, du tronçon de l’avenue Mondjiba compris entre l’avenue Avenir, à la sortie Maman Olangi, et l’avenue du Parc, au niveau du Balcon. Une décision accompagnée d’itinéraires de déviation destinés à orienter les automobilistes.
Si cette mesure s’inscrit dans le cadre des travaux de réhabilitation de la voirie urbaine, son application suscite néanmoins de vives critiques. Plusieurs Kinois estiment que les autorités auraient dû mieux anticiper les conséquences de cette fermeture sur une circulation déjà fortement congestionnée.
Sur X, Jackson Mukunda s’est montré particulièrement virulent à l’égard des responsables provinciaux, dénonçant le manque de planification des travaux routiers dans la commune de Ngaliema. « Les dirigeants de la ville-province […] qui ont planifié les travaux de réhabilitation des routes dans la commune de Ngaliema sont vraiment des irresponsables », a-t-il déploré.
Dans le même registre, Sharufa Amisi ne remet pas en cause la nécessité de réhabiliter les routes, mais plaide pour des mesures d’accompagnement. Elle propose notamment que les entreprises recourent temporairement au télétravail ou à un système de rotation des équipes, à l’image des dispositifs adoptés pendant la pandémie de Covid-19.
Pour elle, les conséquences des embouteillages dépassent largement les désagréments liés aux déplacements. Les heures perdues sur la route, la consommation supplémentaire de carburant et le manque de sommeil affectent directement le temps, l’énergie et la productivité des habitants. Face à cette situation, elle s’interroge sur la nécessité de mobilisations citoyennes pour faire entendre les préoccupations des Kinois.
Le coût économique et social des embouteillages
Au-delà de la perte de temps, les répercussions financières préoccupent également les usagers. Marc Musas souligne notamment l’augmentation du coût du transport, alors que les revenus des ménages et des travailleurs restent inchangés. Selon lui, ces travaux, engagés simultanément sur plusieurs axes, risquent de bouleverser davantage le quotidien de la population.
Christian Kaniki, pour sa part, insiste sur la nécessité d’une meilleure signalisation. S’il reconnaît l’importance d’informer les automobilistes des fermetures et des déviations, il estime que les autorités doivent aller plus loin en élaborant des plans de signalisation temporaire adaptés à chaque chantier. Il appelle notamment à installer des panneaux visibles sur le terrain afin de guider efficacement les usagers.
Les inquiétudes portent également sur la gestion des situations d’urgence. Un internaute rapporte ainsi que, le jour où l’hôpital Diamant aurait été touché par un incendie, un véhicule d’intervention aurait été immobilisé dans les embouteillages aux abords du camp Tshatshi. Il déplore une police dépassée par la situation et s’interroge sur les dispositions prévues pour faciliter le passage des ambulances et des véhicules de secours.
Plusieurs axes perturbés simultanément
La colère est d’autant plus vive que les difficultés de circulation ne concernent pas uniquement l’avenue Mondjiba. Dans une publication, Rabby dresse un état des lieux des axes actuellement perturbés : Mondjiba en travaux, Komoriko en circulation à sens unique, la route des Diplomates congestionnée, plusieurs routes de GB en réhabilitation et la route de Kintambo-Maternité fermée.
Cette accumulation de perturbations sur différents axes de la capitale alimente le sentiment d’un manque de coordination dans la programmation des chantiers.
Si la réhabilitation des infrastructures routières constitue une nécessité pour améliorer la mobilité urbaine à long terme, les Kinois attendent des autorités provinciales une planification plus rigoureuse, une communication anticipée et des dispositifs concrets pour limiter les désagréments.
À Kinshasa, où les embouteillages font déjà partie du quotidien, la question n’est donc plus seulement de réhabiliter les routes, mais aussi de savoir comment maintenir la ville en mouvement pendant les travaux.
La rédaction


