À l’occasion de la troisième journée de la deuxième édition de la Semaine de l’Étudiant, consacrée aux ateliers pratiques, les étudiants réunis ce mercredi 12 août 2026 au Silikin Village, à Kinshasa, ont été invités à repenser leur rapport à l’emploi et à l’entrepreneuriat. Parmi les temps forts de cette journée, l’atelier « Entrepreneuriat, Collaboration et Opportunités », animé par l’experte comptable Hélène Gakuru, ancienne directrice générale adjointe du Fonds de garantie de l’entrepreneuriat au Congo (FOGEC), a mis l’accent sur la nécessité de développer des initiatives, de travailler en réseau et de transformer les compétences en opportunités.
Organisée par The Best Communication Academia (TBC Academia) et initiée par Ben Ndondele, la Semaine de l’Étudiant 2026 est placée sous le thème « Études universitaires et capital humain à l’ère du numérique ». Après deux journées consacrées aux échanges et aux partages d’expériences, cette troisième journée a privilégié la pratique à travers différents ateliers destinés à renforcer les compétences personnelles et professionnelles des jeunes.
Face aux étudiants, Hélène Gakuru est revenue sur les difficultés auxquelles de nombreux jeunes sont confrontés après leurs études, notamment l’accès à l’emploi. Pour elle, l’université doit également permettre aux étudiants de réfléchir aux différentes possibilités qui s’offrent à eux au-delà de la recherche classique d’un emploi.
« Aujourd’hui les jeunes sont confrontés à un problème très fort, celui qui les emmène à se retrouver, à la fin de leurs études, confrontés à une réalité qu’on appelle clairement le chômage », a-t-elle expliqué au micro de Zolanews après son intervention.

Dans ce contexte, elle estime que des initiatives comme la Semaine de l’Étudiant peuvent contribuer à ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes en leur donnant accès à des connaissances, des expériences et des échanges avec des professionnels.
« Ces initiatives permettent aux étudiants ou aux jeunes de pouvoir avoir quand même une issue de solution par rapport à tout ce fléau qui les gangrène », a-t-elle souligné.

L’atelier n’a toutefois pas présenté l’entrepreneuriat comme l’unique voie professionnelle. Hélène Gakuru a rappelé que chaque jeune peut avoir une trajectoire différente, certains pouvant choisir de devenir salariés tandis que d’autres se tourneront vers la création d’entreprises.
Son message a surtout porté sur l’importance de la collaboration pour ceux qui souhaitent entreprendre.

« Il faut le dire, certains seront des salariés, mais pour ceux qui seront lancés dans l’entrepreneuriat, nous les avons invités à se lancer dans des attitudes de collaboration, de réseautage, mais aussi de pouvoir se donner dans la discipline », a-t-elle déclaré.
Pour l’ancienne DGA du FOGEC, entreprendre ne signifie donc pas uniquement avoir une idée ou créer une activité. Le développement d’un projet nécessite également de savoir s’entourer, créer des relations professionnelles et travailler avec d’autres acteurs.

Cette capacité à collaborer peut, selon elle, permettre aux jeunes de multiplier leurs opportunités et de progresser plus rapidement dans leurs parcours.
En plus de la création d’activités économiques, Hélène Gakuru souhaite voir davantage de jeunes capables de devenir à leur tour des créateurs d’emplois.

« Nous avons formulé un vœu de voir encore plus de jeunes se lancer dans l’entrepreneuriat pour ceux qui se sentiront appelés », a-t-elle indiqué.
Elle estime que les jeunes entrepreneurs doivent progressivement chercher à dépasser la seule logique de survie économique pour construire des entreprises capables de générer de la valeur et d’offrir des emplois à d’autres personnes.

« Ce qui leur permettra de pouvoir devenir des employeurs, des créateurs d’emplois, comme nous aimons le dire », a-t-elle ajouté.
Au terme de l’atelier, Hélène Gakuru s’est également réjouie de l’intérêt manifesté par les participants. Ayant déjà pris part à la première édition de la Semaine de l’Étudiant, elle a dit constater une mobilisation importante pour cette deuxième édition.

« Je salue d’abord l’initiative de cette deuxième édition. J’ai eu le plaisir d’être à la première édition et de voir qu’une deuxième édition se tient avec autant de monde, autant de jeunes, autant d’étudiants », a-t-elle déclaré.
Elle a particulièrement apprécié l’attitude des participants, qu’elle décrit comme ouverts, mais surtout déterminés à chercher des réponses aux difficultés auxquelles ils sont confrontés.

« J’apprécie énormément la qualité des échanges, j’apprécie énormément l’attitude des étudiants, des participants, ouverts, mais surtout décidés à trouver des solutions », a-t-elle témoigné.
Pour elle, cette disposition des jeunes à apprendre et à rechercher des solutions a justement donné tout son sens à l’atelier.

Hélène Gakuru a ainsi défendu une approche de l’entrepreneuriat fondée sur la préparation, la collaboration et la discipline. Dans un contexte où de nombreux diplômés peinent à accéder rapidement à un emploi, elle encourage les étudiants à explorer différentes voies et à développer des compétences susceptibles de leur permettre de créer leur propre activité.
Son intervention a permis de donner aux jeunes des outils pratiques pour mieux préparer leur avenir.
Cette deuxième édition poursuit l’objectif d’aider les étudiants à ne pas seulement accumuler des connaissances, mais à les transformer en compétences, en initiatives et, à terme, en opportunités professionnelles.
Lydia Mangala


