Alors que la République démocratique du Congo fait face à des défis sécuritaires persistants dans l’Est du pays et à un climat politique marqué par des tensions croissantes, la Synergie des Femmes pour la Paix et la Sécurité (SFPS) appelle à privilégier le dialogue, la retenue et l’intérêt général. Dans une déclaration faite ce vendredi 7 août 2026 à Kinshasa, cette plateforme regroupant des organisations de la société civile engagées pour la paix et le leadership féminin exhorte les acteurs politiques et l’ensemble des Congolais à faire de la préservation de la paix une responsabilité commune.
Prononcée par Anna Jacquie Kitoga, membre de la Synergie et coordonnatrice du Secrétariat Technique National de la Résolution 2250 (STN-2250), aux côtés des autres membres de l’organisation, cette déclaration intervient dans un contexte où les populations de l’Est de la RDC continuent de subir les conséquences des conflits armés, de l’insécurité et d’une crise humanitaire persistante.

La SFPS dit suivre avec une profonde préoccupation l’évolution de la situation politique et sécuritaire du pays. Elle estime que les débats autour des grandes questions nationales, bien qu’essentiels dans une démocratie, doivent se dérouler dans un environnement apaisé, respectueux des institutions, des libertés fondamentales et des mécanismes démocratiques.
« Les divergences d’opinions et les débats sur les grandes questions nationales constituent des éléments inhérents à toute démocratie. Toutefois, ces débats doivent se dérouler dans un cadre apaisé, dans le respect de l’État de droit, des droits et libertés fondamentaux ainsi que des mécanismes démocratiques, en privilégiant le dialogue, la concertation et la recherche de solutions pacifiques », souligne la SFPS.
S’appuyant sur les principes consacrés par la Constitution congolaise ainsi que sur les résolutions 1325 et 2250 du Conseil de sécurité des Nations Unies relatives respectivement aux femmes, à la paix et à la sécurité, et à la jeunesse, paix et sécurité, l’organisation réaffirme son engagement pour une gouvernance inclusive et une implication effective des femmes et des jeunes dans les processus de paix.
Pour la Synergie, la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC doit dépasser les divisions politiques. La priorité, selon elle, reste la protection des populations civiles, la restauration durable de la paix et la mise en place de solutions capables de répondre aux causes profondes des conflits.
« La protection des populations civiles, la restauration durable de la paix et la recherche de solutions adaptées à cette crise doivent demeurer des priorités nationales », rappelle-t-elle.
Dans son message adressé aux institutions de la République, aux acteurs politiques de la majorité comme de l’opposition ainsi qu’aux forces vives de la Nation, la SFPS encourage une approche fondée sur le dialogue républicain et la concertation.
Elle appelle également les responsables publics à éviter tout discours susceptible d’alimenter les tensions et à placer la cohésion nationale au centre de leurs actions.
La plateforme invite par ailleurs les organisations de la société civile, les médias, les confessions religieuses et les leaders communautaires à renforcer leurs efforts dans la prévention des conflits, la lutte contre la désinformation et les discours de haine, ainsi que dans la promotion du vivre-ensemble.
Aux citoyens congolais, la SFPS adresse également un appel à rejeter toute forme de violence, de manipulation ou d’incitation à la haine, en privilégiant la solidarité, le respect mutuel et le dialogue au sein des communautés.
« La paix est un bien commun. Sa préservation est une responsabilité collective », insiste la Synergie, qui réaffirme sa disponibilité à accompagner toute initiative crédible et inclusive de dialogue, de médiation et de consolidation de la paix.
Les femmes engagées pour la paix entendent rappeler que la stabilité de la RDC ne pourra être durable sans une implication de toutes les composantes de la société, particulièrement des femmes et des jeunes, dans la construction d’un avenir fondé sur l’unité nationale et la cohésion sociale.
Lydia Mangala


