Lors de la séance plénière du Sénat tenue le jeudi 9 juillet 2026, le sénateur Jean Saidi Bamanisa a appelé le gouvernement à rompre avec une approche dispersée des zones économiques spéciales (ZES) et à mettre en place une véritable stratégie industrielle nationale, durable et coordonnée à l’échelle du pays.
À l’occasion de l’examen du projet de réforme du régime des zones économiques spéciales, Jean Saidi Bamanisa a dénoncé l’absence d’une vision globale en matière d’industrialisation. Selon lui, la multiplication des exonérations fiscales et la création de projets isolés ne peuvent remplacer une politique structurée capable de transformer durablement l’économie congolaise.
S’appuyant sur plus de vingt ans d’expérience dans le domaine du développement économique, le sénateur a rappelé que les premières réflexions autour de la zone économique spéciale de Maluku remontent à la fin des années 1990. Dès 2002, son cabinet Congo Partenariat Développement Conseil avait proposé un corridor industriel reliant Maluku à Kimpese et Banana. Il déplore toutefois le retard accumulé dans la concrétisation de ces projets ainsi que la dispersion des initiatives actuelles.
Jean Bamanisa a également critiqué certaines orientations dans l’implantation des unités industrielles, estimant que plusieurs investissements ont été réalisés loin des sources d’approvisionnement en matières premières et d’énergie. Cette situation, selon lui, entraîne une hausse des coûts de production et exerce une pression supplémentaire sur les infrastructures énergétiques, notamment à Kinshasa. Il a aussi regretté le non-respect de certains plans d’aménagement prévus pour la ZES de Maluku.
Sur le plan fiscal, le sénateur a alerté sur les risques de distorsion de concurrence liés aux avantages accordés aux entreprises installées dans les zones économiques spéciales. Il estime que ces dispositifs peuvent créer un déséquilibre avec les entreprises opérant en dehors de ces espaces, qui restent soumises aux mêmes charges sans bénéficier des mêmes facilités.
Évoquant la situation dans l’Est du pays, Jean Bamanisa a proposé de transformer cette partie du territoire en une vaste zone économique spéciale afin d’attirer des investissements, créer des emplois et lutter contre l’exploitation illégale des ressources naturelles. Pour lui, les enjeux sécuritaires et économiques doivent être abordés conjointement pour renforcer la souveraineté nationale.
Le sénateur a enfin plaidé pour une gouvernance rigoureuse des zones économiques spéciales, en conformité avec le cadre légal national, ainsi que pour leur intégration dans une stratégie industrielle cohérente. Il a également souhaité que le Premier ministre présente régulièrement un état d’avancement des politiques économiques devant le Parlement afin de garantir une meilleure coordination des actions publiques.
La réforme du régime des zones économiques spéciales devrait continuer à alimenter les discussions parlementaires dans les prochaines semaines, alors que la RDC cherche à accélérer sa transformation industrielle.
Joëlle Luniongo


