Un an après la mise en place du Gouvernement Suminwa II, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe ma Ndembo, revendique plusieurs avancées dans la structuration du secteur culturel, la préservation du patrimoine et la promotion de la création congolaise à l’international. Au cœur de cette démarche : faire de la culture un véritable instrument de diplomatie, d’influence et de développement économique.
Pour Yolande Elebe ma Ndembo, la culture constitue bien plus qu’un patrimoine à préserver. Elle représente un levier d’identité nationale, de cohésion sociale, mais également un puissant outil de rayonnement pour la République démocratique du Congo.
C’est dans cette perspective que son ministère a engagé plusieurs réformes destinées à mieux structurer le secteur et à renforcer la présence de la création congolaise sur les grandes scènes internationales.
Une première Politique culturelle nationale
L’une des principales réalisations mises en avant par la ministre est l’adoption de la première Politique culturelle nationale de la RDC.
Cette réforme fournit désormais un cadre stratégique pour organiser le secteur culturel et orienter les politiques publiques en faveur des artistes et des acteurs culturels.
Elle ouvre également la voie à la mise en œuvre du Statut de l’artiste, présenté comme un instrument destiné à mieux encadrer et protéger les professionnels de la culture.
Parallèlement, le ministère poursuit l’identification des artistes sur l’ensemble du territoire national. Cette opération doit permettre de disposer d’une meilleure cartographie du secteur et d’adapter les politiques publiques aux réalités des différentes provinces.
Elle doit également faciliter la planification des futures infrastructures culturelles, notamment les Maisons de la culture envisagées à travers le pays.
Du tissu Kuba au Musée de la Rumba
La protection du patrimoine constitue l’autre axe majeur de l’action engagée par le ministère.
Un arrêté portant protection du tissu Kuba, élément emblématique du patrimoine culturel congolais, a notamment été adopté.
Dans le secteur cinématographique, la création du Centre national du cinéma vise à accompagner le développement et la structuration de l’industrie nationale.
Le ministère mise également sur les lieux de mémoire pour transmettre l’histoire culturelle du pays. L’ouverture du Musée de la Rumba congolaise, installé dans l’ancienne résidence de Papa Wemba, s’inscrit dans cette démarche.
Le musée accueille progressivement des objets et archives confiés par des artistes, avec pour ambition de préserver la mémoire de la rumba congolaise, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité.
La RDC renforce sa présence sur les grandes scènes artistiques
La diplomatie culturelle constitue désormais l’un des principaux instruments du soft power congolais défendu par Yolande Elebe.
La RDC a notamment présenté sa nouvelle Politique culturelle nationale lors de Mondiacult Afrique, tout en poursuivant les démarches visant à relancer le Centre international des civilisations bantoues (CICIBA).
Sur la scène artistique internationale, Kinshasa entend également occuper davantage d’espace.
La participation de la RDC à la Biennale de Venise, à travers un pavillon consacré aux artistes plasticiens congolais, ainsi que son invitation comme pays d’honneur à la Biennale de Dakar, illustrent cette volonté.
Pour la ministre, ces rendez-vous constituent des vitrines importantes pour exposer le talent congolais, développer les échanges artistiques et renforcer l’image du pays à l’étranger.
Culture et sport : deux leviers du rayonnement congolais
Cette stratégie d’influence s’appuie également sur une collaboration avec le ministère des Sports et Loisirs.
L’objectif est de valoriser conjointement les performances sportives et les talents artistiques comme vecteurs de promotion de l’image de la RDC.
Les grandes figures congolaises de la musique, des arts et du sport appelées à recevoir des distinctions honorifiques sont ainsi présentées comme des ambassadeurs du rayonnement congolais.
À travers cette approche, le Gouvernement entend construire une diplomatie d’influence capable de faire connaître davantage les talents congolais, de renforcer la fierté nationale et d’accroître l’attractivité du pays.
Faire des industries créatives un secteur économique
Pour Yolande Elebe, le développement culturel doit également produire des retombées économiques.
Le ministère travaille ainsi à la professionnalisation, la formalisation et l’accès aux marchés des acteurs culturels, avec l’ambition de faire des industries culturelles et créatives un secteur générateur d’emplois et de revenus.
Une réforme de la législation sur les droits d’auteur est également envisagée afin de l’adapter aux transformations liées au numérique et aux standards internationaux.
L’enjeu est notamment de mieux protéger les créateurs et de leur permettre de bénéficier davantage de la valeur générée par leurs œuvres.
Faire de la culture une force d’influence
Après une première année marquée par ces différentes initiatives, Yolande Elebe ma Ndembo entend poursuivre la transformation du secteur culturel congolais.
De la mise en place d’un cadre stratégique national à la protection du patrimoine, en passant par la présence accrue des artistes congolais dans les grands rendez-vous internationaux, la ministre veut inscrire la culture au cœur de la stratégie de rayonnement de la RDC.
L’ambition est claire : faire du patrimoine et de la création congolaise des instruments d’identité, d’influence et de développement, capables de renforcer durablement le soft power de la République démocratique du Congo sur la scène africaine et internationale.
Joséphine Mawete


