La chanteuse béninoise Angélique Kidjo a officiellement dévoilé, le mardi 18 août à Los Angeles, son étoile sur le prestigieux Hollywood Walk of Fame, devenant la première artiste africaine à recevoir cette distinction.
Âgée de 66 ans, l’artiste franco-béninoise, qui compte plus de quatre décennies de carrière et cinq Grammy Awards à son palmarès, a reçu cette reconnaissance entourée de plusieurs personnalités, dont l’acteur américain Willem Dafoe et Harvey Mason Jr., président-directeur général de la Recording Academy, qui organise les Grammy Awards.
Très émue au moment de découvrir son étoile, Angélique Kidjo a tenu à associer cette consécration à son continent et à tous ceux qui ont accompagné son parcours.
« Nous, les Africains, nous ne savons pas ce que nous avons apporté au monde. Sans nous, aucune musique ne serait possible sur cette planète », a-t-elle déclaré devant les personnes venues assister à la cérémonie.
Après ses premiers mots, la chanteuse a laissé parler la musique, entonnant quelques notes avant de se livrer à quelques pas de danse, dans une séquence particulièrement applaudie.

Elle a également adressé ses remerciements aux organisateurs, aux représentants du Bénin et aux artistes africains présents à Los Angeles.
« À vous tous, je veux vous dire merci d’avoir fait le déplacement », a-t-elle déclaré.
Cette distinction, annoncée en 2025, représente pour l’artiste bien plus qu’une reconnaissance personnelle. Elle symbolise également une ouverture pour les artistes africains sur l’une des scènes les plus emblématiques de l’industrie mondiale du divertissement.
Présent à ses côtés, l’acteur américain Willem Dafoe a rendu hommage à la carrière et à l’énergie scénique de la chanteuse.
« Elle est véritablement la reine de la pop africaine et l’une des plus grandes artistes de scène que nous ayons », a-t-il déclaré, estimant que cette reconnaissance était pleinement méritée.
L’acteur a également souligné l’authenticité de l’artiste, sa générosité et sa capacité à maintenir une présence scénique remarquable au fil des années.
De son côté, Harvey Mason Jr. a salué une artiste dont le parcours a contribué à rapprocher les différentes cultures musicales.
« Votre travail ne cesse de nous rappeler que la musique est plus qu’un divertissement : c’est un lien », a-t-il déclaré.
Depuis ses débuts dans les années 1980, Angélique Kidjo s’est imposée comme l’une des voix africaines les plus reconnues à l’international. Son répertoire se distingue par un mélange d’influences africaines et internationales, allant de la musique traditionnelle à la pop, en passant par la musique classique.
Elle a notamment revisité le Boléro de Maurice Ravel et travaillé avec des artistes de renommée mondiale tels qu’Alicia Keys, Yo-Yo Ma et Philip Glass. Plus récemment, elle a collaboré avec les stars nigérianes Davido et Burna Boy.
Son engagement dépasse également la musique. À travers la Fondation Batonga, créée en 2006, elle œuvre notamment en faveur de l’éducation et de l’autonomisation des filles et des jeunes femmes en Afrique.
Cette dimension humanitaire a également été saluée par Willem Dafoe, qui a souligné que son engagement auprès des jeunes filles africaines constituait le prolongement naturel de son travail artistique.

Pour la Chambre de commerce d’Hollywood, cette distinction récompense notamment la contribution d’Angélique Kidjo à la musique mondiale et son rôle dans l’ouverture de la voie à d’autres artistes africains.
L’artiste elle-même avait accueilli l’annonce de cette reconnaissance avec optimisme.
« Je suis certes la première chanteuse africaine à avoir une étoile sur le Walk of Fame, mais je suis persuadée que je ne serai pas la dernière. Beaucoup d’autres suivront et cela emplit mon cœur de joie », avait-elle déclaré.
À genoux, les larmes aux yeux et le sourire aux lèvres au moment de recevoir cette distinction, Angélique Kidjo a ainsi vu plus de quarante ans de carrière couronnés au cœur de Hollywood.
Son étoile consacre aussi une trajectoire africaine devenue mondiale et ouvre symboliquement une nouvelle voie à toute une génération d’artistes du continent.
Lydia Mangala


