Le marché des transferts a déjà fermé ses portes dans plusieurs grands championnats européens, mais deux cadres de la sélection congolaise restent sans club : Timothy Fayulu et Cédric Bakambu. Deux situations différentes, deux carrières à des étapes distinctes, mais une même incertitude qui interpelle à l’approche des prochaines échéances internationales des Léopards.
Pour Timothy Fayulu, la situation apparaît particulièrement surprenante. À 26 ans, le gardien congolais se retrouve toujours sans point de chute, alors qu’il sort d’une période durant laquelle il a progressivement gagné en importance au sein de la sélection nationale. Ses performances lors des dernières campagnes internationales ont notamment contribué à renforcer sa réputation auprès du public congolais.
Le défi est désormais ailleurs. Le talent ne suffit pas lorsqu’un joueur se retrouve sans compétition. Fayulu doit trouver un projet capable de lui offrir du temps de jeu, de la stabilité et surtout un environnement propice à la poursuite de sa progression. L’absence, pour l’instant, de solution concrète commence forcément à susciter des interrogations.
Mais rien n’est encore joué. Les dates de fermeture du mercato ne sont pas identiques selon les pays. Certains marchés restent ouverts après la fermeture des principaux championnats européens. La Belgique, les Pays-Bas, la Turquie, le Portugal ou encore certains championnats hors d’Europe peuvent ainsi représenter des portes de sortie. Pour un joueur libre de tout contrat, des opportunités peuvent également se présenter en dehors des périodes classiques du mercato, selon les réglementations en vigueur.
En attendant, Fayulu entretient sa condition physique et refuse de laisser l’incertitude perturber sa préparation. Cette période sans compétition officielle constitue toutefois un risque sportif. Un gardien a besoin de rythme, de repères et de matches pour maintenir son niveau. Plus cette situation s’éternisera, plus la question de son retour à la compétition deviendra importante, y compris pour la sélection congolaise.
Bakambu, une autre équation
La situation de Cédric Bakambu appelle une lecture différente. À 35 ans, l’attaquant n’est plus dans la même phase de carrière que Fayulu. Son expérience, son vécu international et son statut de deuxième meilleur buteur de l’histoire des Léopards, derrière Dieumerci Mbokani, lui confèrent un poids particulier. Mais son âge réduit mécaniquement le nombre de projets susceptibles de lui correspondre.
Bakambu n’a plus nécessairement besoin de prouver qu’il sait marquer. Il doit désormais trouver le projet qui correspond le mieux à cette étape de sa carrière. Après plusieurs expériences en Espagne, en Chine, en France, en Turquie et en Grèce, l’attaquant congolais possède encore un profil susceptible d’intéresser des clubs à la recherche d’un joueur expérimenté dans leur secteur offensif.
La question sera surtout celle du rôle qui lui sera proposé : titulaire régulier, joueur de rotation ou solution offensive expérimentée.
Pour Bakambu, le choix du prochain club ne devrait donc pas être une simple question de destination. À ce stade de sa carrière, la régularité et la cohérence du projet compteront probablement davantage que le prestige du championnat. Il lui faudra un environnement dans lequel il pourra bénéficier d’un temps de jeu suffisant pour conserver ses sensations et rester compétitif avec les Léopards.
Une situation qui interpelle la sélection
L’absence simultanée de Fayulu et Bakambu interpelle également du côté de la sélection congolaise. Les deux joueurs évoluent à des postes différents, mais représentent des profils importants dans l’équilibre du groupe.
Pour Fayulu, le défi consiste à retrouver rapidement un club afin de maintenir la dynamique construite ces derniers mois. Pour Bakambu, il s’agit davantage de prolonger sa carrière au plus haut niveau possible tout en conservant une place dans le projet de Sébastien Desabre.
Le calendrier international rend cette situation encore plus sensible. Les Léopards devront rapidement se tourner vers leurs prochaines échéances, notamment les qualifications pour la CAN 2027. Dans ce contexte, disposer de joueurs compétitifs et régulièrement alignés en club reste un avantage considérable pour le sélectionneur.
L’enjeu dépasse donc le simple cadre du mercato. Pour Fayulu comme pour Bakambu, le prochain choix pourrait avoir des conséquences directes sur leur avenir international.
Le premier doit éviter qu’une longue période sans compétition ne freine une dynamique prometteuse. Le second doit trouver le cadre idéal pour démontrer que son expérience peut encore faire la différence malgré le poids des années.
Deux problématiques différentes, mais une même nécessité : retrouver rapidement le terrain.
Le marché n’a pas encore totalement livré son verdict. Pour les deux Léopards, les prochaines semaines pourraient être aussi importantes que les dernières heures du mercato. Fayulu cherche un nouveau départ. Bakambu, peut-être un dernier grand chapitre. Dans les deux cas, le choix du prochain club pourrait s’avérer déterminant.
Josaphat Mayi


