À l’issue du lancement de la Ligue Féministe de la République démocratique du Congo (LIFERDC), l’ancienne ministre du Genre Faida Mwangilwa, figure engagée de longue date dans la défense des droits des femmes, a livré un message de soutien à la nouvelle génération de militantes féministes. Après avoir suivi les échanges lors du panel consacré au thème « Le féminisme en RDC : mythe ou réalité ? », elle a salué une génération qu’elle estime déterminée à poursuivre le travail engagé par celles qui l’ont précédée.
Faida Mwangilwa s’est dite particulièrement marquée par la teneur des discussions, estimant qu’elles témoignent d’une évolution dans la manière dont les jeunes abordent les questions liées aux droits des femmes.

« J’ai aimé les discussions parce que là, c’est une autre génération », a-t-elle déclaré.
Pour l’ancienne ministre du Genre, cette dynamique justifie pleinement la création de la Ligue Féministe de la RDC (LIFERDC) et la poursuite du combat pour l’égalité.

Elle a également relevé la présence des hommes dans les échanges, considérant leur implication comme nécessaire dans la construction d’une société où femmes et hommes peuvent s’épanouir.
Faida Mwangilwa a particulièrement insisté sur la place des hommes dans le combat pour les droits des femmes. S’adressant à un participant prénommé Christian, elle a voulu rappeler que les revendications féministes ne concernent pas uniquement les femmes.
« C’est ta place. La légitimité concerne Christian. Ça concerne ta sœur. Ça concerne la personne que tu aimes. Ça concerne toutes ces personnes », a-t-elle affirmé.

Pour elle, l’objectif ne consiste pas à opposer les sexes, mais à permettre à chacun de vivre dans une société où l’épanouissement et les droits sont garantis.
« Ce que nous voulons est que les garçons soient vraiment épanouis, mais que les filles également soient épanouies », a-t-elle souligné.
Dans son intervention, l’ancienne ministre a également partagé un épisode de son parcours personnel, marqué par la perte de sa mère alors qu’elle était encore très jeune et par un éloignement de son père.
Elle a raconté avoir dû partir vivre auprès de sa grand-mère avant de poursuivre sa scolarité. Après l’obtention de son diplôme d’État, elle a finalement été rappelée par son père.
Ce récit lui a permis d’illustrer, par son propre parcours, les obstacles auxquels certaines jeunes filles peuvent être confrontées et la nécessité de créer des conditions leur permettant de poursuivre leurs études et de construire leur avenir.
Faida Mwangilwa a ensuite répondu à une critique régulièrement adressée aux mouvements féministes, celle de vouloir déstabiliser la société ou s’opposer aux hommes.
Pour elle, cette perception ne correspond pas à la démarche portée par les jeunes femmes engagées dans la défense des droits.

« Les filles que vous voyez là-bas, elles n’ont pas créé les injustices. Elles travaillent pour transformer », a-t-elle expliqué.
« Elles ne travaillent pas pour détruire la société. Elles travaillent pour une réalité transformée », a-t-elle insisté.

Elle a ainsi replacé le féminisme dans une logique de changement social plutôt que de confrontation.
Au terme de son intervention, l’ancienne ministre du Genre a résumé la responsabilité qu’elle attribue à cette nouvelle génération : poursuivre le combat et mobiliser autour des enjeux liés aux droits des femmes.
« Mais pour transformer, il faut lutter, il faut mobiliser », a-t-elle conclu.

Pour Faida Mwangilwa, les jeunes féministes ne rompent pas avec les luttes précédentes. Elles en prennent le relais, avec leurs propres réalités, leurs propres méthodes et une volonté affichée de contribuer à la transformation de la société congolaise.
Lydia Mangala


