Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi, a placé la protection des populations vulnérables et la solidarité nationale au cœur de son discours, jeudi 27 août au Centre culturel et artistique pour les pays d’Afrique centrale (CCAPAC), lors du lancement officiel de la Campagne de solidarité nationale à caractère permanent.
Devant plusieurs responsables des institutions, membres du gouvernement et acteurs impliqués dans l’action humanitaire, le Chef de l’État a présenté cette initiative comme bien plus qu’un mécanisme de collecte de dons. À ses yeux, elle doit marquer un véritable changement dans la manière dont la société congolaise répond aux situations de détresse et renforcer, dans le même temps, la cohésion nationale.
Félix Tshisekedi a d’abord rappelé que la solidarité nationale s’inscrit dans l’un des engagements majeurs de sa vision pour la République démocratique du Congo : garantir aux citoyens l’accès aux services sociaux de base, renforcer la protection sociale et apporter des réponses durables aux crises humanitaires.
« Le premier droit de notre peuple est d’être protégé. Le premier devoir de l’État est de secourir les plus fragiles et de restaurer la dignité de celles et ceux que la violence, la pauvreté ou les catastrophes ont dépouillés de l’essentiel », a déclaré le Chef de l’État.
Cette déclaration intervient alors que, selon les chiffres évoqués lors de la cérémonie, plus de 15 millions de Congolais se trouvent en situation de vulnérabilité. Les conflits armés, les urgences sanitaires, les catastrophes climatiques et les déplacements de populations continuent de peser lourdement sur les besoins humanitaires du pays.
Pour le Président de la République, cette situation impose une mobilisation qui dépasse les seuls pouvoirs publics.
Félix Tshisekedi refuse toutefois de présenter la campagne comme un transfert de la responsabilité de l’État vers les citoyens. Il a insisté sur le fait que le Gouvernement demeure le premier garant de la protection sociale et de l’assistance humanitaire.
« Elle ne constitue ni un désengagement du gouvernement, ni un transfert de ces obligations sur la population. L’État demeure et demeurera le premier garant de la protection sociale, le principal acteur de l’assistance humanitaire et le premier responsable de la sécurité et du bien-être des populations », a-t-il précisé.
La contribution des citoyens, des entreprises, des institutions et de la diaspora doit donc venir renforcer l’action publique et non s’y substituer.
Le Chef de l’État veut surtout inscrire cette mobilisation dans la durée.
« Le lancement de la campagne de solidarité nationale à caractère permanent ne consiste pas seulement à mettre en place un mécanisme de collecte de dons ; il marque le commencement d’un véritable sursaut républicain », a-t-il affirmé.
Le Président entend réveiller ce qu’il décrit comme « cette force généreuse » présente chez les Congolais, celle de ne pas abandonner un compatriote confronté à la détresse.
Le Chef de l’État a donné à cette campagne une dimension profondément citoyenne et nationale. Pour lui, la solidarité doit contribuer à combattre les divisions qui fragilisent la cohésion du pays.
« La solidarité ne peut prospérer là où s’installent la haine, la discrimination et la division. Cette campagne doit également devenir un instrument de cohésion nationale et un puissant rempart contre le tribalisme, le racisme, le régionalisme, les discours de rejet et toutes les formes d’exclusion », a-t-il déclaré.
Félix Tshisekedi a ainsi appelé les Congolais à dépasser les appartenances communautaires, linguistiques ou régionales lorsqu’un compatriote est en détresse.
« Lorsqu’un Congolais est éprouvé à l’est, à l’ouest, au nord, au sud ou au centre, c’est la nation tout entière qui est touchée », a-t-il martelé.
Dans cette vision, la souffrance d’une population déplacée dans l’Est, d’une famille victime d’une catastrophe ou d’une communauté confrontée à une urgence sanitaire ne doit pas être considérée comme un problème limité à une partie du territoire. Elle doit devenir une préoccupation collective.
La jeunesse congolaise occupe également une place particulière dans l’appel présidentiel. Considérée comme « la force vive et l’espérance » de la nation, elle est invitée à participer à cette mobilisation avec discernement, responsabilité et patriotisme.
Le Président s’est également adressé aux utilisateurs des plateformes numériques, appelés à mettre leur influence au service de la cohésion nationale.
« J’en appelle également à tous les utilisateurs des plateformes numériques, afin qu’ils privilégient la lucidité, la retenue et le sens de l’intérêt national », a recommandé Félix Tshisekedi.
Dans un environnement numérique souvent marqué par la circulation de discours de haine, de contenus polarisants et de tensions communautaires, le Chef de l’État veut ainsi faire des réseaux sociaux un espace pouvant contribuer à rapprocher les Congolais plutôt qu’à accentuer leurs divisions.
La réussite de cette campagne repose également, selon Félix Tshisekedi, sur la confiance des contributeurs. Le Président a donc placé la transparence, la redevabilité et le contrôle au centre du dispositif.
« Aucune complaisance, aucune opacité et aucun détournement ne pourront être tolérés. Chaque franc versé devra servir. Chaque don devra parvenir à sa destination. Chaque geste de solidarité devra produire un résultat concret dans la vie de nos compatriotes », a-t-il insisté.
Cette exigence vise à garantir que les contributions mobilisées au nom de la solidarité nationale atteignent effectivement les populations auxquelles elles sont destinées.
Pour Félix Tshisekedi, l’enjeu est finalement de transformer la campagne en un réflexe collectif durable. Il souhaite qu’elle puisse relier les différentes composantes de la société congolaise, de l’intérieur du pays à la diaspora.
« Que cette campagne devienne le ciment qui relie le nord au sud, l’est à l’ouest, nos villes à nos villages, notre diaspora à la mère patrie et toutes les générations congolaises autour d’un même idéal de fraternité », a-t-il lancé.
Avec ce lancement, le Chef de l’État entend ainsi faire de la solidarité non seulement un mécanisme d’assistance aux populations vulnérables, mais aussi un instrument de responsabilité citoyenne et de cohésion nationale.
Lydia Mangala


