Une veuve âgée de 96 ans, Victorine Kimfuta Nsola, a été réinstallée, vendredi 28 août 2026, dans sa propriété située au numéro 47 de l’avenue Libération, au quartier Binza Pigeon, dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. Cette réinstallation intervient après l’exécution de plusieurs décisions judiciaires rendues en sa faveur, sous la supervision du ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko Andali.
La remise des clés à la propriétaire s’est déroulée en présence d’un huissier de justice, d’éléments de la Police nationale congolaise ainsi que des habitants du quartier, consacrant ainsi son retour effectif dans une parcelle dont elle revendique la propriété depuis plusieurs décennies.
Selon les éléments communiqués par le ministère de la Justice, Victorine Kimfuta Nsola avait acquis cette parcelle en 1981 avant d’en être déguerpie en 2012, à la suite d’un long différend immobilier.
Si elle avait déjà été réinstallée dans les lieux en 2020 en exécution d’une décision judiciaire, elle en aurait été à nouveau évincée quelques heures plus tard dans le cadre d’un litige l’opposant à un haut responsable militaire.
Saisi de ce dossier, le ministre d’État Guillaume Ngefa avait alors donné injonction à l’Inspecteur général des Services judiciaires et pénitentiaires de prendre les dispositions nécessaires, dans le cadre de ses compétences, afin de veiller à l’exécution effective des décisions judiciaires rendues dans cette affaire.
Présent lors de cette opération, le ministre de la Justice a insisté sur l’importance de garantir l’application effective des décisions judiciaires.
« Dans un État de droit, une décision de justice ne peut rester théorique : elle doit être effectivement exécutée. Dans le respect de la Constitution, de la loi et de l’indépendance du pouvoir judiciaire, nous devons veiller à ce que les droits reconnus par la Justice soient réellement protégés », a déclaré Guillaume Ngefa.
Pour le ministre d’État, cette réinstallation constitue également un message sur l’égalité des citoyens devant la loi.

« Aujourd’hui, Madame Kimfuta Nsola retrouve sa parcelle et ses droits. Cet acte rappelle que nul n’est au-dessus de la loi et que chaque citoyen a droit à la protection de la Justice », a-t-il souligné.
Le ministère de la Justice inscrit cette action dans le cadre de la lutte contre la spoliation des biens immobiliers, les occupations illégales et les déguerpissements irréguliers.
Au-delà du cas de Victorine Kimfuta Nsola, les autorités veulent faire de l’exécution effective des décisions judiciaires un levier de restauration de la confiance des citoyens envers l’appareil judiciaire.

Le ministère rappelle ainsi qu’aucune fonction, qualité ou position sociale ne peut placer un citoyen au-dessus de la loi ou justifier la privation arbitraire des droits légalement reconnus à autrui.
Cette action s’inscrit dans la vision des autorités congolaises en faveur de la consolidation de l’État de droit et du renforcement de la protection des droits des citoyens.
À 96 ans, le retour de Victorine Kimfuta Nsola dans sa propriété apparaît ainsi comme l’aboutissement d’un long combat judiciaire, mais également comme un symbole de l’exigence d’une justice dont les décisions ne doivent pas seulement être prononcées, mais effectivement appliquées.
Lydia Mangala


