Le ministère de la Communication et Médias poursuit son opération de contrôle des éditeurs de programmes audiovisuels à Kinshasa. Une mission d’inspection a été menée, mercredi 2 septembre 2026, auprès de plusieurs chaînes installées dans le quartier Binza Pigeon, dans la commune de Ngaliema, dans le cadre de la mise en œuvre des directives gouvernementales sur la salubrité médiatique.
Représentant le ministre Patrick Muyaya Katembwe, le directeur de cabinet du ministère, Nicolas Lianza Likwale, a conduit cette descente sur le terrain, accompagné du coordonnateur de la migration vers la télévision numérique en RDC, Georges Malutama, et de la directrice-cheffe de service du secrétariat général du ministère, Tina Likula.
La délégation s’est successivement rendue au centre d’émissions de la RENATELSAT, ainsi qu’aux installations des télévisions B-One, Canal Mercure, RTVH et RTP.
Vérifier la conformité au-delà des documents
Cette opération intervient dans le cadre des instructions données par les autorités congolaises en vue d’assainir le paysage audiovisuel.
Nicolas Lianza Likwale a expliqué que cette phase intervient après un premier travail consacré à l’examen des dossiers administratifs, fiscaux et techniques des éditeurs de programmes.
« Il faudrait dire que cette visite fait suite aux instructions du chef de l’État, un Conseil des ministres qui a instruit le Gouvernement à travers le ministère de la Communication et Médias », a-t-il déclaré.
Pour le directeur de cabinet, le contrôle documentaire ne suffit cependant pas à établir la conformité réelle d’une chaîne de télévision. La mission vise également à vérifier les conditions concrètes dans lesquelles les médias exercent leur activité.
« Au-delà d’un contrôle documentaire, d’un contrôle fiscal ou d’un contrôle administratif, il faut descendre sur place pour voir si véritablement la personne morale qui est en règle avec les documents est aussi en règle techniquement, en termes de viabilité professionnelle et d’infrastructures », a-t-il expliqué.
Les éditeurs conformes progressivement régularisés
Les visites effectuées à Binza Pigeon concernent notamment des éditeurs considérés comme viables à l’issue de la première phase du processus et qui ont profité d’un moratoire pour se mettre en conformité avec les exigences en vigueur.
Cette conformité est matérialisée par une fiche de conformité délivrée par la directrice-cheffe de service, Tina Likula, ainsi que par un certificat d’avis technique favorable établi par le coordonnateur national Georges Malutama.
La prochaine étape prévoit la délivrance d’un récépissé officiel signé par le ministre Patrick Muyaya Katembwe aux éditeurs ayant satisfait aux différentes exigences.
À l’inverse, les structures qui ne se seront pas conformées aux obligations administratives, fiscales et techniques s’exposent à une déconnexion.
« La télévision est un métier »
Au-delà de la régularisation administrative, le ministère entend également renforcer les standards professionnels dans le secteur audiovisuel.
Nicolas Lianza a insisté sur la nécessité pour les éditeurs de disposer d’équipements appropriés, d’infrastructures adaptées et de ressources humaines qualifiées.
« Nous voulons faire cet exercice pour que ceux qui ne sont pas des professionnels des médias voient comment les autres qui sont professionnels investissent sur le matériel, sur les installations, sur les ressources humaines, sur la formation. La télé est un métier, elle n’est pas un accident de parcours. La télé n’est pas un réseau social. La télé, c’est une profession qui a des normes, qui exige un investissement », a-t-il martelé.
Une mise au point qui traduit la volonté du ministère de distinguer l’activité audiovisuelle professionnelle de la simple production de contenus numériques diffusés sur les réseaux sociaux.
Une opération appelée à s’étendre
L’inspection menée à Ngaliema constitue la deuxième phase de cette campagne de contrôle. Une première opération avait été organisée près d’un mois auparavant dans la commune de Gombe, notamment auprès de Télé 50 et Bosolo TV.
Le ministère prévoit de poursuivre ces contrôles dans d’autres zones de Kinshasa. La prochaine phase devrait notamment concerner les éditeurs de programmes hébergés par des diffuseurs privés.
À travers cette démarche, les autorités veulent ainsi poursuivre l’assainissement du paysage audiovisuel congolais, renforcer la conformité des opérateurs et promouvoir une pratique professionnelle de l’activité télévisuelle en République démocratique du Congo.
Joséphine Mawete


