Le gouvernement congolais a officiellement lancé, mercredi 23 septembre 2026 à Kinshasa, la Campagne nationale de désarmement civil volontaire. Pilotée par la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre et de réduction de la violence armée (CNC-ALPC), cette opération vise à réduire la détention et la circulation illicites des armes, prévenir la violence armée et renforcer la sécurité des populations.
La campagne repose sur la remise volontaire, sécurisée et anonyme des armes détenues illicitement par les civils. Les participants doivent bénéficier d’un anonymat total, d’une amnistie judiciaire ainsi que d’une contrepartie matérielle, suivant l’approche « arme contre objet de développement ».
Le dispositif privilégie ainsi une démarche incitative plutôt qu’une approche coercitive. Selon le secrétaire permanent de la CNC-ALPC, Landry Bisidi Tshilombo, l’objectif est également de renforcer la confiance et d’impliquer les communautés dans la prévention de la violence armée.
Lors du lancement, le vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani Lukoo, a insisté sur la dimension collective de cette initiative.
« Faire taire les armes n’est pas seulement une affaire d’État, c’est l’affaire de tous », a-t-il déclaré.

Le membre du gouvernement a ainsi appelé les forces vives du pays à s’impliquer dans la campagne, considérant la réduction de la circulation illicite des armes comme un enjeu à la fois sécuritaire et socio-économique.
Prévue pour trois mois, jusqu’au 22 décembre 2026, l’opération cible prioritairement six zones : Kinshasa, le Kongo-Central, le Grand Équateur, le Grand Kasaï, la Tshopo et le Tanganyika.
Les autorités provinciales et locales, les responsables communautaires, religieux et coutumiers, les organisations de la société civile ainsi que les médias sont appelés à accompagner la sensibilisation autour de cette campagne.
Un objectif de réduction de la violence armée

Pour la CNC-ALPC, cette campagne s’inscrit dans une politique plus large de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre. Avant le lancement, la commission avait évoqué un objectif estimatif de 3 000 à 6 000 armes récupérées durant les trois premiers mois, tout en précisant que cette estimation pourrait être dépassée.
Les autorités veulent donc transformer la restitution des armes en un levier de prévention de la violence et de consolidation de la sécurité. La réussite de la démarche dépendra notamment de la participation volontaire des détenteurs concernés et de la mise en œuvre effective des mécanismes d’anonymat, d’amnistie et de contrepartie annoncés.
Lydia Mangala


