Les Journées scientifiques de Kinshasa consacrées à l’accroissement des recettes de l’État se sont achevées après trois jours de travaux intenses axés sur la stratégie, la performance et la réforme du système de mobilisation des ressources publiques. La clôture a été assurée par le président de la Commission économique et financière (ECOFIN) de l’Assemblée nationale, Guy Mafuta Kabongo, qui a insisté sur la nécessité de transformer les recommandations formulées en actions concrètes et mesurables.
Durant ces assises, les participants ont exploré les leviers susceptibles d’améliorer durablement les recettes publiques de la République démocratique du Congo, dans un contexte marqué par des défis persistants de gouvernance, de mobilisation fiscale et de structuration du secteur économique.
Les petites et moyennes entreprises, qui représentent plus de 80 % de l’activité économique nationale, ont occupé une place centrale dans les échanges.
Représentant la Confédération des petites et moyennes entreprises du Congo (COPEMECO), Sousane Ntumba a dressé un constat préoccupant : une grande partie des PME évolue encore dans l’informel, tout en subissant une pression fiscale jugée inadaptée à leur réalité.
Elle a plaidé pour une réforme profonde du système fiscal, appelant à une simplification des procédures administratives et à la mise en place d’un guichet unique de recouvrement, destiné à réduire les tracasseries et à améliorer la conformité fiscale.
Dans la même dynamique, la Fédération nationale des artisans, petites et moyennes entreprises du Congo (FENAPEC), par la voix de son président Jean-Pierre Mbuku Mbumba, a insisté sur la nécessité de structurer davantage le secteur entrepreneurial. Il a notamment recommandé une catégorisation claire des entreprises selon leur taille et leur capital, ainsi qu’un meilleur accompagnement de l’État en matière de financement et de formation.
Les discussions ont mis en évidence plusieurs axes prioritaires pour améliorer les recettes de l’État.
Parmi les principales recommandations figurent le renforcement du recouvrement fiscal, l’élargissement de l’assiette fiscale, la lutte contre les fuites de recettes et la valorisation optimale des ressources nationales.
Les participants ont unanimement appelé à une gestion plus rigoureuse, moderne et efficace des finances publiques, fondée sur des outils scientifiques et une meilleure coordination des régies financières.
Dans son allocution de clôture, Guy Mafuta Kabongo a exhorté le gouvernement à accélérer la mise en œuvre des recommandations issues de ces travaux. Il a insisté sur la nécessité d’un passage rapide du diagnostic à l’action, afin de renforcer la performance économique du pays.
Il a également appelé l’Assemblée nationale à intensifier son contrôle sur l’exécution des budgets des régies financières, estimant que la transparence et la redevabilité constituent des leviers essentiels pour améliorer durablement la mobilisation des recettes publiques.
Au terme des trois jours de travaux, les recommandations formulées devraient servir de base à une feuille de route visant à moderniser la mobilisation des recettes publiques, renforcer la contribution des PME à l’économie nationale et améliorer la gouvernance financière de l’État.
Ces Journées scientifiques s’imposent ainsi comme un cadre de réflexion stratégique, mais surtout comme un appel pressant à transformer les idées en réformes concrètes au service de la performance économique de la République démocratique du Congo.
Lydia Mangala


