La coopération économique entre la RDC et la Tanzanie s’est prolongée par une double séquence consacrée au commerce, au transit et à l’investissement. Au lendemain de l’engagement des deux pays à conclure un accord commercial bilatéral dans un délai de 90 jours, le ministre congolais du Commerce extérieur, Julien Paluku Kahongya, a visité le port de Dar es Salaam ainsi que l’usine Saturn Cooperation.
Au port de Dar es Salaam, Julien Paluku Kahongya, accompagné des responsables de la DGDA, de l’OGEFREM et du CEEC, s’est intéressé aux conditions de traitement et de sécurisation des marchandises congolaises transitant par cette infrastructure stratégique.
Selon les données présentées lors de la visite, le trafic global du port a atteint 33,7 millions de tonnes en 2025/2026, contre 18 millions en 2021/2022. Le fret congolais a, pour sa part, atteint 7,77 millions de tonnes, soit une progression de 30 % sur un an, d’après les chiffres communiqués par le ministre.
Julien Paluku relève également que la RDC représente 53 % du fret de transit régional et 23 % du trafic total du port, faisant de la fluidité de ce corridor un enjeu important pour les échanges commerciaux congolais.
Face à cette dynamique, le ministre congolais a demandé à la direction du port de renforcer l’interconnexion avec les services publics de la RDC présents en Tanzanie.
Cette collaboration doit notamment permettre d’améliorer le suivi des cargaisons, leur traçabilité et la sécurisation des opérations de transit.
Les autorités portuaires tanzaniennes ont par ailleurs indiqué que le fret congolais pouvait désormais être traité en environ deux jours, contre une dizaine auparavant.
Dans son compte rendu, Julien Paluku a également évoqué le développement de ports secs, notamment celui de Kwala, destinés à accompagner la croissance du trafic et à contribuer à la fluidité des cargaisons congolaises.

« L’accord commercial en élaboration sera le cadre par excellence de nos échanges », a déclaré le ministre, reliant les enjeux logistiques observés au port aux négociations commerciales engagées entre Kinshasa et Dar es Salaam.
La seconde étape de cette mission a conduit la délégation congolaise à Kigamboni, où Julien Paluku a visité l’usine de Saturn Cooperation, spécialisée dans l’assemblage, la distribution et la maintenance de véhicules lourds et légers, notamment des camions-bennes, des citernes et des tracteurs de marque Howo.
Le ministre a invité l’entreprise à envisager une implantation à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga, afin de répondre notamment aux besoins du secteur minier congolais.
Selon les informations communiquées par l’entreprise, son usine dispose d’une capacité d’assemblage de 49 véhicules par jour. Depuis son inauguration, elle aurait déjà assemblé 6 000 camions et ambitionne d’atteindre 8 000 unités en 2027.
Pour Julien Paluku, une implantation de Saturn en RDC pourrait contribuer à réduire les importations de véhicules destinés aux activités minières et, par conséquent, les sorties de devises liées à ces achats.
« Nous l’avons invitée à s’installer à Lubumbashi afin de répondre prioritairement aux besoins du secteur minier et de réduire significativement la facture d’importation », a expliqué le ministre à l’issue de la visite.

L’entreprise a présenté son cahier des charges, qui doit désormais faire l’objet d’un examen conjoint avec les ministères congolais des Finances et du Plan.
Par ces deux visites, la mission congolaise a ainsi placé deux enjeux complémentaires sur la même trajectoire visant à faciliter le passage des marchandises congolaises par le corridor de Dar es Salaam et attirer davantage d’investissements productifs en RDC.
Alors que Kinshasa et Dar es Salaam disposent de 90 jours pour élaborer leur futur accord commercial bilatéral, la question du transit et celle de la production locale apparaissent comme deux axes majeurs de cette nouvelle séquence de coopération économique.
Lydia Mangala


