Du 5 au 7 août 2026, la salle CLAC de Matadi a accueilli la Revue Annuelle de Performances (RAP) de la Province Éducationnelle Kongo Central 1. Pendant trois jours, responsables éducatifs et acteurs du secteur ont évalué les performances de la province et dégagé des pistes d’action, avec un accent particulier sur la transformation numérique de l’éducation.
Présidée par la Proved du Kongo Central 1, Marie-Salomé Boroto, cette revue s’est tenue autour du thème « Éducation numérique : vers un système éducatif moderne, actif et citoyen », avec pour sous-thème « Le numérique au cœur de la gouvernance et des innovations pédagogiques ».
Les échanges ont placé la transformation numérique au centre des réflexions sur l’avenir de l’école dans la province. Pour les participants, le numérique apparaît désormais comme un levier capable de moderniser à la fois la gestion administrative et les pratiques pédagogiques.
L’ambition est notamment de favoriser une gouvernance scolaire plus transparente, collaborative et efficace, tout en renforçant les interactions entre administrations, enseignants, parents et apprenants grâce aux outils et plateformes numériques.
La RAP a également mis en avant le concept de « classes connectées », présenté comme l’une des pistes permettant de rapprocher l’école des exigences de l’ère numérique. L’utilisation de contenus multimédias, interactifs et régulièrement actualisés pourrait contribuer à diversifier les méthodes d’apprentissage et à mieux répondre aux besoins des élèves.
Cette approche entend également favoriser une éducation plus inclusive. Les outils numériques peuvent permettre d’adapter davantage les rythmes et les contenus de formation aux besoins spécifiques des apprenants, tout en offrant aux enseignants de nouvelles ressources pédagogiques.
Mais la transformation numérique ne peut se limiter à l’introduction d’équipements. Elle suppose également que les enseignants et les personnels administratifs disposent des compétences nécessaires pour utiliser efficacement ces outils.
Au terme de trois jours de discussions, les participants ont formulé plus d’une vingtaine de recommandations opérationnelles destinées à répondre aux principaux défis auxquels reste confronté le système éducatif dans le Kongo Central 1.
Sur le plan des infrastructures, la nécessité de construire et d’équiper davantage d’écoles publiques dans les nouveaux quartiers urbains a été soulignée, afin de répondre à l’augmentation des besoins scolaires et au déficit d’établissements dans certaines zones.
La question des ressources pédagogiques a également occupé une place importante. Les participants ont réaffirmé la nécessité d’accompagner les programmes scolaires par une dotation effective en manuels, notamment à travers le MASCO, afin d’améliorer les conditions d’apprentissage et les résultats scolaires.
Dans les zones rurales, l’accessibilité demeure un autre défi majeur. La réfection des routes desservant certaines localités ainsi que la mise à disposition de moyens de mobilité pour les inspecteurs itinérants ont été recommandées pour renforcer le suivi des établissements sur le terrain.
Le renforcement des capacités constitue enfin l’un des axes majeurs retenus. Un plan de développement des compétences numériques devra notamment concerner aussi bien le personnel administratif que les enseignants, condition indispensable à la réussite de la transition engagée.
La Province Éducationnelle Kongo Central 1 entend ainsi dépasser le simple exercice d’évaluation pour construire une véritable feuille de route.
La modernisation numérique, l’amélioration des infrastructures, la disponibilité des manuels scolaires, l’accessibilité des zones rurales et le renforcement des compétences constituent désormais des chantiers complémentaires pour améliorer la qualité de l’éducation.
Les recommandations issues de ces trois jours devront donc être traduites en actions concrètes. L’enjeu pour les autorités éducatives sera de faire du numérique non seulement un outil technologique, mais un véritable instrument de gouvernance, d’innovation pédagogique et d’amélioration des apprentissages.
À Matadi, le Kongo Central 1 ambitionne ainsi de faire de la transformation de son système éducatif un levier de modernisation, avec l’objectif de contribuer à l’émergence d’une école congolaise plus connectée, inclusive et adaptée aux réalités de son époque.
Lydia Mangala


