Quatre ans après leur demi-finale historique à Doha, les Lions de l’Atlas retrouvent les Bleus ce jeudi soir en quarts de finale du Mondial, portés par un sélectionneur déterminé à bousculer la hiérarchie mondiale.
L’histoire se répète, mais le contexte a changé. Ce jeudi soir, le Maroc et la France se retrouvent pour un quart de finale électrique qui ravive les souvenirs de 2022. Pourtant, dans la tanière marocaine, l’heure n’est plus à la nostalgie ni à la simple satisfaction d’un parcours réussi. Sous la direction de Mohamed Ouahbi, arrivé après la CAN 2025 et récemment sacré champion du monde U20 avec les Lionceaux au Chili, cette équipe a franchi un nouveau cap. Elle ne vise plus seulement l’exploit, mais assume désormais son ambition parmi les grandes nations du football mondial.
Présent en conférence de presse dans la nuit de mercredi à jeudi, Mohamed Ouahbi a rejeté l’idée selon laquelle le Maroc aurait déjà réussi sa compétition. Face à la prudence affichée par Didier Deschamps plus tôt, le technicien belgo-marocain a affiché une ambition claire : aller chercher une qualification pour le dernier carré.

« Quand vous dites qu’on a déjà réussi notre compétition, je n’aime pas. Les bilans se font à la fin. On fait tout pour gagner. On ne va pas écouter ceux qui disent que c’est déjà bien ce que vous avez fait, que la France est favorite de toute façon. On ne tombera pas là-dedans. Demain, on va jouer pour aller en demi-finale, comme si on était dos au mur. Il n’y a pas de match bonus. Le seul bonus, c’est de gagner la Coupe du monde pour nous », a déclaré le sélectionneur devant les médias.
Cette déclaration illustre la transformation mentale d’un groupe qui a gagné en maturité. En 2022, Ouahbi suivait l’épopée marocaine en simple observateur, avec des regrets après l’élimination aux portes de la finale. Aujourd’hui aux commandes, il assure que ses joueurs aborderont ce rendez-vous avec davantage de confiance et une détermination sans faille.
Sur le plan tactique, l’ancien formateur du RSC Anderlecht possède déjà son plan pour contrer les Bleus. Réputé pour ses principes offensifs, il ne compte pas uniquement miser sur la vitesse des couloirs, l’une des forces traditionnelles du football marocain. Le sélectionneur souhaite également exploiter les espaces dans l’axe et mettre la défense française sous pression.
« La clé, ça va être de leur faire mal quand on aura le ballon. Et ce n’est pas seulement sur les côtés. Il faudra être patient et exploiter les failles dans l’axe aussi », a-t-il expliqué.
Pour Mohamed Ouahbi, l’équilibre entre les deux équipes existe bel et bien, et la différence se jouera sur l’intensité, la maîtrise des temps forts et la capacité à gérer les moments difficiles.

Le technicien marocain a également confié aborder cette rencontre avec une sérénité particulière, supérieure à celle ressentie avant le huitième de finale précédent. Le staff a longuement analysé le jeu français et prépare ce rendez-vous avec un plan précis.
« Sincèrement, on est serein par rapport au plan, à la manière dont on a préparé ce match et au travail qu’on a réalisé. Je l’avais dit, mais j’avais plus de craintes par rapport au Canada que pour ce match face à la France », a reconnu le coach des Lions de l’Atlas.
Cette confiance s’accompagne d’une volonté de ne pas dramatiser l’événement. Pour éviter toute pression excessive, Ouahbi maintient les mêmes exigences au quotidien, quel que soit l’adversaire. Les joueurs savent l’attente immense qui entoure cette rencontre au Maroc et auprès de la diaspora, mais le staff refuse d’en faire un poids supplémentaire.
Ce jeudi soir, les Lions de l’Atlas ne fouleront pas la pelouse uniquement pour profiter du prestige de l’affiche. Ils veulent prouver qu’ils ont grandi depuis 2022 et écrire une nouvelle page de l’histoire du football marocain.
Josaphat Mayi


