À l’occasion de l’exercice de redevabilité du Gouvernement Suminwa II, le ministre d’État, ministre du Plan et de la Coordination de l’Aide au Développement, Guylain Nyembo Mbwizya, a présenté les principales avancées enregistrées dans son secteur. Au cœur de son intervention : la modernisation de la planification nationale, la mobilisation des investissements et la mise en œuvre d’une stratégie de développement projetée à l’horizon 2050.
Le ministère du Plan entend renforcer son rôle dans la transformation des ambitions nationales en politiques publiques, programmes et projets structurants. Pour Guylain Nyembo, cette mission passe notamment par la disponibilité de données fiables, la priorisation des investissements et la mise en place de réformes capables d’améliorer l’efficacité de l’action publique.
La Vision 2050 comme boussole
Le ministre a rappelé la nécessité de reconstruire les capacités de planification de l’État, fragilisées depuis la rupture de la coopération au début des années 1990.
À travers la Vision 2050, son ministère accompagne les différents secteurs dans l’élaboration de leurs politiques, plans, programmes et projets, tout en veillant à une meilleure hiérarchisation des investissements.
Dans cette architecture, le Plan national stratégique de développement (PNSD) constitue la colonne vertébrale du programme d’action quinquennal du Gouvernement.
L’objectif est de disposer d’une planification cohérente, appuyée sur des données statistiques fiables et orientée vers des résultats mesurables.
506 projets prioritaires pour 12 milliards USD
Pour la période 2024-2026, le Gouvernement a identifié 506 projets prioritaires, pour un investissement global estimé à 12 milliards de dollars américains.
Selon Guylain Nyembo, près de 6 milliards de dollars ont déjà été décaissés pour accompagner leur mise en œuvre.
Pour l’exercice budgétaire 2026, 153 projets ont été retenus dans le budget national afin de poursuivre les investissements prioritaires.
Le ministère entend également renforcer le recours aux partenariats public-privé. Une banque de projets PPP doit ainsi être mise en place à travers l’Unité de Conseil et de Coordination des Partenariats Public-Privé (UCPPP).
L’ambition est de constituer un portefeuille de projets suffisamment préparés et bancables pour attirer davantage de capitaux privés.
Cinq axes pour soutenir la croissance
Le PNSD 2024-2028 repose sur cinq grandes priorités : les infrastructures, la diversification de l’économie, la gouvernance, le capital humain et le développement durable des provinces.
Dans le domaine des infrastructures, les investissements concernent notamment l’énergie, les routes et les transports.
La diversification de l’économie doit, quant à elle, passer par une transformation locale accrue des ressources minières et agricoles afin de créer davantage de valeur ajoutée en RDC.
À travers ces différentes orientations, le Gouvernement ambitionne de porter progressivement le taux de croissance économique à 10 %, contre environ 5,7 % actuellement, selon les données présentées par le ministre.
Réformes pour rendre la RDC plus attractive
L’amélioration du climat des investissements constitue également un axe important de l’action du ministère du Plan.
Plusieurs réformes sont ainsi annoncées ou engagées, notamment la révision du Code des investissements, l’élaboration d’une politique nationale d’amélioration du climat des affaires et la révision de la loi de 2018 relative aux partenariats public-privé.
Pour Guylain Nyembo, ces réformes doivent permettre de renforcer la transparence, la sécurité juridique et la soutenabilité budgétaire des investissements.
Elles doivent également assurer une meilleure cohérence entre les politiques d’attractivité économique et les priorités définies dans le PNSD.
Dans cette stratégie, l’Agence nationale pour la promotion des investissements (ANAPI) demeure un acteur central de la promotion des opportunités d’investissement en RDC.
Le recensement pour mieux connaître la population
Autre priorité mise en avant : le recensement général de la population.
Pour le ministre, il est difficile de planifier efficacement le développement d’un pays sans disposer de données précises sur sa population, ses activités et ses conditions de vie.
Guylain Nyembo a ainsi appelé les Congolais, particulièrement les jeunes, à s’impliquer dans ce processus.
Il a notamment indiqué que les agents recenseurs pourraient être recrutés parmi les diplômés d’État, sans limiter le recrutement aux seuls spécialistes de la démographie.
Des contrats de performance pour les structures du ministère
Le ministre entend par ailleurs renforcer la culture de résultats au sein des structures placées sous sa tutelle.
Après une première phase expérimentale menée avec trois établissements, les contrats de performance seront étendus aux 15 structures rattachées au ministère du Plan.
Cette démarche doit permettre d’améliorer le suivi des résultats, d’évaluer les performances et de renforcer la redevabilité des responsables des différentes structures.
Une deuxième année placée sous le signe des réformes
Pour la deuxième année du Gouvernement Suminwa II, Guylain Nyembo a annoncé une feuille de route comprenant plusieurs chantiers majeurs.
Il s’agit notamment de l’organisation du recensement général de la population, de l’adoption de la loi sur la planification, de la modernisation de la loi statistique et de la révision du cadre légal relatif aux partenariats public-privé.
La poursuite des réformes sur le climat des affaires et la révision du Code des investissements figurent également parmi les priorités.
À travers cette feuille de route, le ministère du Plan veut consolider les instruments de pilotage du développement national et améliorer la capacité de l’État à mobiliser et orienter les investissements.
Une démarche qui s’inscrit dans une ambition de long terme : faire de la planification, des données et de la mobilisation des capitaux des leviers essentiels pour conduire la RDC vers les objectifs fixés par la Vision 2050.
Joséphine Mawete


