L’intelligence artificielle générative s’impose progressivement dans les métiers de la communication, du marketing et du design graphique. Son intégration soulève toutefois des enjeux liés à l’originalité des productions, à la fiabilité des informations et à la responsabilité des utilisateurs.
Lors d’un atelier organisé par Orange Digital Center ce mercredi 14 octobre à Kinshasa, Giscard Mido, CEO d’Antic Communication et Digital School, a présenté les bonnes pratiques pour exploiter ces technologies tout en préservant le jugement humain et l’identité créative de chacun.
« L’intelligence artificielle générative ne représente pas seulement une évolution technologique. Elle bouleverse nos méthodes de travail, nos métiers et notre rapport à la créativité », a-t-il souligné.
Faire de l’IA un collaborateur, pas un substitut à la créativité
Au cours de démonstrations pratiques, Giscard Mido a montré comment l’intelligence artificielle peut accompagner la conception d’affiches, la rédaction de publications pour les réseaux sociaux et l’élaboration de slogans publicitaires.
Il a notamment encouragé les participants à partir de leurs propres idées avant de solliciter l’IA pour développer leurs propositions.
Dans cette approche, l’outil intervient comme un appui à la réflexion et à la production, tandis que l’humain conserve la maîtrise du résultat final.
« Je ne lui dis pas de tout donner. Je lui donne la forme de ce que je fais, et il me sort les idées. Et puis, qu’est-ce que je fais ? Je complète », a-t-il expliqué en évoquant son expérience dans la création de stratégies de communication.
Pour illustrer cette méthode, il a pris l’exemple d’une campagne de sensibilisation autour d’Octobre Rose. L’idée initiale doit venir du créateur, l’IA pouvant ensuite contribuer à enrichir les pistes créatives et à structurer les propositions.
Cette démarche vise également à préserver l’authenticité des contenus publiés. Giscard Mido a ainsi conseillé aux participants d’adapter les textes générés à leur propre manière de s’exprimer, plutôt que de reprendre systématiquement les formulations proposées par les outils.
Des contenus pertinents plutôt que des textes standardisés

La rédaction assistée par l’intelligence artificielle a constitué un autre axe de son intervention. À travers des exercices sur ChatGPT et d’autres outils, le formateur a présenté l’importance de formuler une idée de départ claire et de préciser ses attentes pour obtenir un résultat adapté.
Il a notamment insisté sur la nécessité de privilégier des contenus courts, pertinents et cohérents avec le message à transmettre, plutôt que des textes longs et génériques.
Pour lui, la qualité d’une production ne dépend pas uniquement de la capacité de l’outil à générer du contenu, mais aussi de la pertinence des instructions données et du travail de révision effectué par l’utilisateur.
L’enjeu est ainsi de développer une utilisation réfléchie de l’IA, capable de soutenir la productivité sans effacer la personnalité du créateur ni affaiblir la qualité de la communication.
Vérification, confidentialité et droits à l’image au cœur de l’usage responsable
Giscard Mido a consacré une partie de son intervention aux précautions nécessaires dans l’utilisation de l’intelligence artificielle générative.
Il a recommandé aux participants de vérifier les informations produites, d’éviter de transmettre des données personnelles ou confidentielles sans garanties appropriées et de respecter les droits d’auteur ainsi que les droits à l’image.
Il a également rappelé que les utilisateurs restent responsables des contenus qu’ils publient, même lorsque ceux-ci ont été générés avec l’aide d’une intelligence artificielle.
« Ne jamais considérer automatiquement une réponse générée comme une vérité », a-t-il insisté, en mettant en garde contre une confiance excessive dans les résultats proposés par ces outils.
La transparence constitue également un principe important, notamment lorsque le contexte, les règles applicables ou les exigences de confiance imposent de signaler l’utilisation de contenus générés par l’IA.
L’humain doit garder le contrôle
En conclusion, le CEO d’Antic Communication et Digital School a rappelé que l’intelligence artificielle peut faciliter la création de textes, d’images et de supports de communication, mais qu’elle ne dispense pas l’utilisateur de réfléchir, de vérifier et de faire preuve de discernement.
L’objectif de son intervention était de permettre aux participants de mieux exploiter les possibilités de l’IA générative et du design graphique, tout en développant une pratique créative et responsable de ces technologies.
Pour Giscard Mido, il est important d’apprendre à produire plus rapidement mais aussi à mieux savoir utiliser l’intelligence artificielle pour enrichir ses idées, sans lui abandonner sa capacité de création et son jugement humain.
Lydia Mangala


