Un montant de 31 100 dollars américains aurait été perçu auprès de 36 victimes pour la location d’une seule et même maison. Le député national Étienne Bukasa et son épouse, Bijou Luamba, sont mis en cause dans une plainte collective qui réclame la restitution des sommes versées.
Une affaire présumée d’escroquerie locative secoue le secteur immobilier à Kinshasa. Trente-six familles affirment avoir été victimes d’une opération frauduleuse autour d’une même maison située sur l’avenue Route de Matadi, à proximité de l’avenue Bassoké, référence Gulf. Dans une plainte adressée au président du Comité des Sages de l’Assemblée nationale, le collectif des victimes met en cause le député national Étienne Bukasa, élu de Lupatapata, dans la province du Kasaï-Oriental, ainsi que son épouse, Bijou Luamba, également connue sous le nom de Bijou Luamba Bijika.
Selon les plaignants, cette dernière aurait encaissé, au nom du propriétaire de la maison, des garanties locatives auprès de plusieurs personnes, avec la complicité présumée d’un commissionnaire. Chaque victime aurait déboursé entre 600 et 1 200 dollars américains à titre de garantie locative, auxquels s’ajouterait une commission équivalant à un mois de loyer.
Plus de 31 000 dollars en garanties locatives
D’après les éléments présentés dans la plainte, les 36 victimes recensées à ce jour auraient versé au total 31 100 dollars américains, hors commissions. Le collectif affirme toutefois que ce chiffre pourrait évoluer, d’autres personnes continuant à se manifester.
Les plaignants estiment ainsi que le nombre de victimes pourrait dépasser la quarantaine. Une situation particulièrement préoccupante pour ces familles qui disent avoir engagé des sommes importantes dans l’espoir d’accéder à un logement.
Un député national cité dans la plainte
La qualité de député national d’Étienne Bukasa est l’un des motifs avancés par le collectif pour justifier sa démarche auprès de l’Assemblée nationale. Les victimes expliquent avoir saisi le Comité des Sages afin que les faits dénoncés soient examinés et qu’une solution soit trouvée dans les meilleurs délais.
Dans leur correspondance, elles sollicitent notamment l’intervention de cette instance pour obtenir la restitution intégrale des garanties locatives et des commissions versées, mais également pour que des mesures soient prises afin d’éviter la répétition de tels agissements.
Une affaire qui appelle des éclaircissements
Au-delà des sommes en jeu, cette affaire soulève des interrogations sur les pratiques de location immobilière à Kinshasa, où les garanties locatives et les commissions représentent souvent un investissement considérable pour les ménages.
À ce stade, les accusations formulées dans la plainte restent à examiner. Les responsabilités des personnes citées devront être établies sur la base des éléments disponibles et dans le respect du principe de présomption d’innocence.
Le collectif des victimes affirme rester disposé à fournir des renseignements et des documents complémentaires pour étayer sa démarche.
L’affaire est désormais portée devant le Comité des Sages de l’Assemblée nationale, dans l’attente d’une suite à la plainte et d’éventuelles explications des personnes mises en cause.
Joséphine Mawete




