Les acteurs de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité » se retrouvent à Kinshasa pour quatre jours d’échanges autour de la mise en œuvre de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations unies. Ouvert ce mardi 8 septembre au Sultani Hôtel, le forum organisé par le ministère du Genre, Famille et Enfant, à travers le Secrétariat national permanent 1325, entend rapprocher les engagements nationaux des réalités vécues dans les provinces, particulièrement dans les zones touchées par les conflits et les crises humanitaires.
À l’ouverture des travaux, la ministre du Genre, Famille et Enfant, Micheline Ombae Kalama, a posé le principal défi de faire de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité » un véritable instrument d’action au niveau local.

« Il ne suffit pas seulement d’avoir des engagements nationaux. Il faut que ces engagements produisent des résultats concrets dans chaque province, dans chaque territoire et au sein de la communauté », a-t-elle déclaré.
Pour la ministre, l’application de la Résolution 1325 ne peut se limiter aux textes et aux mécanismes institutionnels. Elle doit se traduire par une présence plus importante des femmes dans les initiatives de prévention et de résolution des conflits, mais également dans les espaces où se prennent les décisions.
Micheline Ombae a également insisté sur la nécessité de renforcer le suivi des actions menées par les coordinations provinciales afin de mieux mesurer leurs résultats et d’identifier les obstacles qui persistent sur le terrain.
Prévue du 8 au 11 septembre, la rencontre réunit la coordination nationale ainsi que les structures provinciales 1325. Pendant quatre jours, les participants doivent partager leurs expériences, présenter les initiatives développées dans leurs provinces et exposer les difficultés rencontrées dans l’application de l’Agenda.
L’objectif est notamment de faire émerger des recommandations adaptées aux réalités de chaque territoire. Une approche jugée essentielle dans un pays où les défis liés aux conflits, aux déplacements de populations, aux violences et aux crises humanitaires diffèrent fortement d’une province à l’autre.
Avec l’appui de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), le forum intervient alors que la RDC s’est dotée d’un troisième Plan d’action national relatif à la Résolution 1325.
Le représentant régional de l’OIF pour l’Afrique centrale, Alphonse Waguena, a réaffirmé le soutien de l’organisation au mécanisme national de coordination ainsi qu’à l’opérationnalisation des secrétariats provinciaux 1325.
L’OIF accompagne également des initiatives directement liées à la consolidation de la paix dans l’Est du pays. C’est notamment le cas du projet « Ma Lango pour la paix », déployé à Goma, Beni et Butembo, qui mise sur l’éducation à la paix, le dialogue communautaire, la cohésion sociale ainsi que la lutte contre les discours de haine et la désinformation.
Les travaux de Kinshasa doivent permettre de réfléchir à la manière de garantir une participation effective des femmes aux processus de paix et aux mécanismes de décision.
Pour le ministère du Genre, leur implication ne doit plus être considérée comme un simple objectif institutionnel, mais comme une composante essentielle des stratégies de prévention des conflits, de médiation et de consolidation de la paix.
Les acteurs de l’Agenda 1325 cherchent ainsi à rapprocher la politique nationale du terrain. Avec le troisième Plan d’action national désormais en vigueur, l’enjeu est moins de multiplier les engagements que de parvenir à mesurer leur impact dans les communautés et à faire de la participation des femmes un levier concret de paix en RDC.
Lydia Mangala


