À l’occasion de la Journée internationale de la jeune fille, célébrée ce dimanche 11 octobre 2026, l’Association des femmes et des jeunes pour le développement communautaire (AFEJEDEC) a organisé le Forum des jeunes filles dans la grande salle paroissiale Saint-Jean-Baptiste, à Bumbu, à Kinshasa.
Autour du thème « Mettons fin au mariage d’enfants et investissons dans les droits des filles », cette rencontre a porté sur la prévention du cancer du sein, la défense des droits des filles et leur autonomisation.
Deux interventions ont marqué cette activité notamment celle du Dr Joseph Kalemba, consacrée au dépistage précoce du cancer du sein, et celle d’Evelyne Kabuiku, coordonnatrice de l’AFEJEDEC, qui a encouragé les jeunes filles à poursuivre leurs études et à développer leur autonomie économique.
Dépistage précoce et vigilance face au cancer du sein
Médecin volontaire général, expert en leadership d’unité et chef du service de santé au secrétariat général du volontariat, au sein du ministère du Plan et de l’Aide au développement, le Dr Joseph Kalemba a présenté les principaux signes d’alerte du cancer du sein.
Il a notamment cité l’apparition d’une masse, des écoulements spontanés au niveau du mamelon, sa rétraction ou une modification de l’aspect de la peau.

Il a précisé qu’une masse ne signifie pas nécessairement un cancer, mais qu’elle doit conduire à une consultation médicale pour en déterminer la nature.
« Quand vous avez une masse au niveau du sein, il faut aller à l’hôpital pour vérifier si c’est un cancer ou pas », a-t-il recommandé.

Le médecin a également insisté sur l’observation régulière des seins et l’autopalpation, tout en rappelant que ces gestes ne remplacent pas un examen médical.
Il a encouragé les participantes à adopter une alimentation équilibrée et à pratiquer une activité physique régulière.

« Nous voulons que les gens comprennent comment reconnaître cette maladie et comment la prévenir », a-t-il expliqué.
Il a signalé que des structures spécialisées proposaient des consultations et des dépistages gratuits durant le mois d’octobre.
Le droit à l’éducation au cœur de la lutte contre le mariage d’enfants
Prenant la parole sur la lutte contre le mariage d’enfants, Evelyne Kabuiku a dénoncé les conséquences de cette pratique sur la scolarité, les libertés et l’avenir des adolescentes. Pour elle, les jeunes filles doivent pouvoir poursuivre leur formation avant de s’engager dans la vie conjugale.
« Une fille à cet âge-là doit aller à l’école. Ça, c’est son droit », a-t-elle insisté.

La coordonnatrice de l’AFEJEDEC a également encouragé les participantes à ne pas attendre la fin de leurs études pour développer des initiatives entrepreneuriales.

S’appuyant sur sa propre expérience, elle a expliqué avoir commencé à vendre des produits pendant ses humanités, avant de poursuivre ses activités à l’université afin de contribuer à ses besoins.

« Ne croisez pas les bras. Allez à l’école, formez-vous, informez-vous », a-t-elle lancé aux jeunes filles.
Elle a par ailleurs souligné l’importance de l’informatique, de l’apprentissage des langues et des compétences numériques, estimant que les réseaux sociaux peuvent servir à promouvoir des produits, créer du contenu et développer des activités génératrices de revenus.
« Comme Elle », pour valoriser les femmes modèles
En marge du forum, Evelyne Kabuiku a annoncé le lancement de « Comme Elle », une structure destinée à mettre en lumière des femmes modèles qui contribuent au développement de la République démocratique du Congo sur les plans spirituel, social et politique.
Les jeunes femmes présentes ont été invitées à s’inscrire pour intégrer cette initiative. Des rencontres mensuelles avec ces modèles sont prévues afin de favoriser le partage d’expériences, l’inspiration et l’accompagnement.
La cérémonie s’est clôturée par la distribution de serviettes hygiéniques aux jeunes filles présentes.
À travers ce forum, l’AFEJEDEC a associé la sensibilisation sanitaire à la promotion des droits des filles et de leur indépendance.
Les interventions ont mis l’accent sur la nécessité de renforcer l’information, de protéger les adolescentes contre le mariage précoce et de leur donner les moyens de poursuivre leurs études et de construire leur avenir.
Lydia Mangala


