Le président de la République, Félix Tshisekedi, a appelé les responsables politiques à ne pas détourner le dialogue national de sa vocation première. Dans son adresse à la Nation consacrée au lancement du processus de dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de préserver cette initiative des calculs politiques et des intérêts personnels.
« Le dialogue ne devra être ni un marché politique, ni un instrument de repositionnement personnel, ni une tribune de règlement de compte », a fermement déclaré Félix Tshisekedi.
Le président congolais entend donner au processus une orientation exclusivement centrée sur les intérêts de la République. Pour lui, le dialogue ne doit pas devenir un espace destiné à négocier des avantages politiques ou à permettre à certains acteurs de renforcer leurs positions.
« Il devra servir exclusivement la paix, l’unité nationale et l’intérêt supérieur de la République », a-t-il précisé.
Félix Tshisekedi a ainsi demandé aux responsables politiques de mesurer la portée historique du processus annoncé. Il a appelé les différents acteurs à dépasser les rivalités et les ambitions individuelles afin de privilégier une démarche susceptible de répondre aux profondes fractures qui traversent le pays.
Cette exigence a pour but de distinguer le futur dialogue des précédentes initiatives politiques qui, selon lui, n’ont pas toujours permis de traiter durablement les causes des crises congolaises. Le président avait notamment souligné que plusieurs processus avaient produit des accords et des engagements, sans empêcher la résurgence des conflits et des tensions.
Dans cette logique, il a également assuré qu’il veillerait personnellement à ce que le dialogue ne soit récupéré par aucun camp.
« Je prends devant la Nation l’engagement de garantir l’indépendance, la représentativité et la sécurité de ce dialogue. Je veillerai à ce qu’il ne soit confisqué par aucun camp, ni détourné de sa finalité », a-t-il affirmé.
Le chef de l’État a par ailleurs insisté sur l’importance de traduire les conclusions du dialogue en actions concrètes. Il a rejeté l’idée d’un processus qui déboucherait sur de simples déclarations sans mécanismes de suivi.
« Je veillerai également à ce que ces conclusions ne se perdent ni dans les calculs politiciens, ni dans l’oubli. Elles devront être traduites en décisions, en réformes et en résultats concrets pour notre peuple », a déclaré Félix Tshisekedi.
Dans son adresse, le président a enfin appelé les acteurs politiques à contribuer à l’apaisement du climat national, en renonçant aux discours de haine et aux confrontations stériles.
« L’heure n’est plus aux postures stériles. L’heure n’est plus aux querelles de préséance ni aux fractures entretenues au détriment du peuple. L’heure est au sursaut, à l’unité et à l’action », a-t-il lancé.
Pour Félix Tshisekedi, le dialogue national devra donc dépasser les intérêts partisans et s’inscrire dans une démarche de reconstruction de l’État, de consolidation de la cohésion nationale et de recherche d’une paix durable.
Lydia Mangala


